Midnight Special de Jeff Nichols

Alton  (Jaeden Lieberher) est un petit garçon doté, semble-t-il, d’étranges pouvoirs, et qui fait l’objet d’une dévotion de la part d’une secte. Son père, Roy (Michael Shannon), le soustrait aux griffes de cette secte en l’enlevant et en s’enfuyant avec lui. Tous deux sont donc poursuivis par les adeptes de la secte et par le gouvernement américain qui s’est aussi intéressé aux pouvoirs de l’enfant.

Tous mènent donc une course-poursuite dans un road-movie qui est aussi une fuite éperdue qui les emmène jusqu’à une confrontation avec ce que l’avenir peut devenir.

Un road-movie. Un père qui protège son fils. Un enfant aux pouvoirs aussi mystérieux qu’inexplicables. Des organisations tout aussi mystérieuses et inquiétantes, qu’elles soient une secte ou le gouvernement américain. Une ambiance entre étrangeté et sentiment de l’inéluctable. Comment ne pas apprécier ?

Jeff Nichols nous plonge à nouveau, après Take Shelter et Mud, dans l’Amérique des marges, celles des misfits, l’Amérique de ceux qui sont hantés par un sentiment de millénarisme latent, le seul qui leur donne un semblant de sens à cette existence devenue totalement insensée. Il y a comme un soupçon des romans de Don DeLillo dans les films de Nichols, ce sentiment de forces totalement humaines mais absolument désincarnées et donc inarrêtables, et puis l’ambiance de la fuite, des planques, des pouvoirs du fils que seuls son père est à même de gérer, du père qui protège son enfant contre des forces qui les dépassent amplement, que ce soit la nature devenue apparemment folle ou des forces extra-terrestres (mais, en fin de compte, extrêmement terrestres) — tout cela donne un cachet au film qui le rend très agréable à regarder (et qui rappelle directement Take Shelter, jusqu’à la construction des plans).

Et pourtant, il manque quelque chose à ce film : un propos, une idée directrice, une vision. Finalement, le film aboutit à une sorte de rencontre du troisième type qui donne un très beau final visuel mais qui laisse un peu insatisfait.

En fait, le film semble être avant tout cela : un film d’ambiances et de visuels. D’ailleurs, la musique, composée par Ben Nicholas, qui contribue grandement à l’ambiance, rappelle celle des films de Jamin Williams. Or, là où Take Shelter et Mud offraient un vrai propos — dans les deux cas, le fait que la société américaine se délite de toutes parts — ici on reste dans cette surface, sans réellement aller plus loin.

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