Knight of Cups de Terence Malick

Difficile de résumer ce film, d’autant qu’à priori je n’en ai pas compris la moitié (à ma décharge, le film n’est qu’un long monologue ponctué d’allusions absconses sur la vie des personnages, ce qui le rend difficile à suivre et à comprendre). Le film s’ouvre sur le récit d’un conte que le père du personnage principal lisait souvent. Il y a bien longtemps, le Roi de l’Est a envoyé son fils en terre d’Egypte pour trouver une perle. Arrivé en Egypte, le Prince est accueilli par les habitants qui le font boire dans une coupe. Aussitôt, le prince oublie qu’il est le fils d’un roi et sombre dans un rêve éveillé qui le tient loin des siens et de son dessein. Le roi envoie alors des messagers pour retrouver le Prince et lui rappeler qui il est. Rick (Christian Bale) est scénariste pour le cinéma, il vit à Santa Monica et ne sais pas bien ce qu’il veut, où il doit aller et vers qui se tourner pour donner un sens à sa vie. L’un de ses frères est mort brutalement, l’autre est en errance et doit être aidé s’il veut éviter la rue, son père est écrasé par la culpabilité (la mère semble être morte depuis longtemps). Tels des messagers, plusieurs femmes vont partager le quotidien de Rick, chacune d’elle essayant à sa manière de le sortir de sa torpeur.

Comme dit précédemment, le film est un long monologue, ponctuée de remarques absconses sur la vie, d’informations parcellaires sur les personnages et de plans, certes esthétiquement réussis, mais souvent creux car on ne voit pas ce qu’a voulu dire le réalisateur. Je n’avais pas compris que Rick était scénariste, j’avais perçu qu’il travaillait dans le cinéma et peut-être un peu bêtement je l’avais imaginé acteur. Bon, il est scénariste ce qui ne change pas grand chose à l’histoire.

Six femmes vont donc essayer de réveiller ce malheureux Rick : Della (Imogen Poots) ; Nancy (Cate Blanchett), médecin avec qui il va se marier ; Helen (Freida Pinto), un top-model ; Elizabeth (Natalie Portman), une femme mariée ; Karen (Teresa Palmer), une strip-teaseuse ; et Isabel (Isabel Lucas), la dernière dont on ne sait presque rien et qui va finalement être la bonne chaussure au pied de Rick pour aller de l’avant. Mais quels sont les problèmes de Rick ? Une famille à la dérive, un milieu professionnel aussi pauvre intellectuellement qu’il est riche matériellement, un besoin d’amour jamais assouvi ? Au bout d’une heure de film, on a quand même l’impression de voir un gosse riche, qui s’ennuie prodigieusement lors des soirées hollywoodiennes et qui rêve d’autre chose de plus authentique peut-être. Et tout cela sur fond d’images esthétisantes mais vides de sens, de musique hypnotique et de propos faussement spirituels. Le grand drame de Rick, l’événement qui va visiblement le faire changer est d’avoir potentiellement mis en enceinte Elizabeth alors qu’elle est mariée. La belle affaire ! Ce fait entraîne une série de scènes fortement dramatisées qui m’ont fait prendre conscience de la futilité de ce film et de ses propos.

Il y a quelques années Terence Malick passait pour un réalisateur à part, dirigeant peu de film (7 longs à ce jour), refusant les interviews et traînant une réputation de metteur en scène contemplatif, une perle rare parmi les réalisateurs américains actuels. Or, depuis The Tree of Life (que j’avais bien aimé), le rythme de ses réalisateurs s’accélère et la quantité a remplacé la qualité. Je trouve qu’entre The Tree of Life, To the Wonder (toujours pas vu) et ce dernier Knight of Cups, il radote un peu, se complaît dans une réalisation certes très belle mais finalement insignifiante et verse de plus en plus dans le spirituel bidon. On craint pour la suite. Heureusement on pourra se faire plaisir avec les anciens comme Les Moissons du ciel ou La Ligne rouge.

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