Zootopia de Byron Howard et Rich Moore

Dans le petit village de Bunnyburrow, Judy, une jeune lapine, joue dans une pièce de théâtre dans laquelle il est rappelé qu’auparavant les animaux se divisaient en deux clans bien distincts (et irrémédiablement opposés) : les prédateurs et les proies. A présent, les animaux ont évolué ( ?) et cette distinction prédateurs / proies n’a plus lieu d’être… ce qui n’empêche pas Judy d’être agressée par un renard à la sortie de la représentation en voulant aider un mouton. Qu’importe, Judy rêve de devenir un policier, malgré sa taille (et son statut de proie) et elle accomplira son rêve.

Quinze ans ont passé et Judy est enfin devenue policière. Elle quitte donc ses parents pour se rendre à la capitale Zootopie où l’attend sa première affectation. Malgré les craintes éprouvées par ses parents, Judy part confiante vers Zootopie, persuadée qu’elle pourra enfin exercer le métier de ses rêves. Problème : lors du premier débriefing de la journée, Rudy est affectée à la circulation alors que les autres policiers sont envoyés sur le terrain pour enquêter. Judy décide de ne pas sombrer dans la morosité, elle parviendra avec le temps à faire accepter sa présence parmi l’escouade et à se voir confier une vraie mission…

Ce qui est bien avec les dessins animés qui tentent de parler des discriminations, notamment quand Disney est aux manettes, c’est qu’ils se prennent souvent les pieds dans leur propre tapis et finissent par véhiculer autant de stéréotypes que ceux qu’ils prétendent dénoncer. Le film commence par une parabole très simpliste sur le fait que les animaux ayant évolué (on ne sait pas comment), ils sont devenus tous fraternels (point de conflit entre proie et prédateurs), mais ils ne sont pas égaux pour autant (Judy parce qu’elle est une lapine ne peut pas exercer son métier de policier comme les autres, à priori cela n’a rien à voir avec son sexe mais plutôt avec sa taille et avec les préjugés qui y sont liés). On sent que l’objectif du film va être alors de nous prouver, via le personnage de Judy, que tout est possible pour ceux qui le veulent (« try everything » comme le dit la chanson). Bon, on est dans du classique américain, à grand renfort d’individualisme triomphant et d’absence totale de remise en cause d’une société fortement inégalitaire. Certes tu n’es pas l’égal du blanc, mais tu es libre, à toi de forcer ta chance. #AllLivesMatter, hein. Get over it.

Avec l’histoire de la fleur qui ensauvage les animaux, et notamment les prédateurs, tout se complique. Car qui est responsable de cet ensauvagement : pas dame nature, mais l’adjointe du maire, une féministe engagée qui devient la grande méchante de l’histoire. Tout va bien. Alors on peut se consoler en se disant que le film montre à quel point subir l’intolérance peut conduire à devenir intolérant, mais on y croit guère. D’autant qu’au passage, les services de l’Etat en ont pris pour leur grade (fameuse scène avec les paresseux sensés représentés l’administration public, en même temps c’est fédérateur de se moquer des fonctionnaires) sauf les policiers qui sont quand même les grands gentils de l’histoire. Voilà, voilà. Je ne suis pas complètement les analyses de L. D. sur son site, je trouve qu’il sur-analyse un peu trop le film mais il a cependant raison sur quelques points. Je crois que le plus gros défaut du film est de ne pas maîtriser complètement ce qu’il véhicule comme idées et de se contenter d’en affirmer certaines d’une façon trop mièvre.

Et sinon, c’est pas forcément drôle à défaut d’être intelligent. A part deux scènes qui font marrer, celle avec les loups qui ne peuvent s’empêcher de hurler si l’un d’entre eux commence, et celle avec le parrain-musaraigne, le reste est passablement ennuyeux. Vivement le prochain Ghibli qu’on puisse voir du dessin animé complexe, ultra beau et pas manichéen.

Bobby, il va falloir dégraisser le mammouth, parce qu’ils en glandent pas une, quand même, ces grosses feignasses !

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