Sense8 des Wachowski

Dans un hangar désaffecté de la ville de Chicago, une femme (Daryl Hannah) se suicide en se tirant une balle dans la tête afin d’échapper à ses ravisseurs et notamment à leur chef, un dénommé Whispers (Terrence Mann). Avant de mettre fin à ses jours, elle utilise ses capacités sensorielles pour contacter huit personnes à travers le monde : Riley Blue (Tuppence Middleton), une DJ vivant à Londres ; Will Gorski (Brian J. Smith), un officier de police à Chicago ; Sun Bak (Doona Bae), la fille d’un puissant chef d’entreprise à Séoul ; Capheus Onyango (Aml Ameen), un conducteur de bus à Nairobi ; Wolgang Bogdanow (Max Riemelt), un cambrioleur allemand vivant à Berlin ; Kala Dandekar (Tina Desei), une étudiante indienne en pharmacologie à Mumbai ; Lito Rodriguez (Miguel Ángel Silvestre), un acteur mexicain, vivant à Mexico City et spécialisé dans des rôles de films de gangsters over-the-top ; Nomi Marks (Jamie Clayton), une bloggeuse de San Fransisco. Dans un premier temps, ces huit personnes se connectent avec cette jeune femme et assistent à sa mort. Puis, après son décès, ils entrent progressivement en contact les uns avec les autres, s’apercevant qu’ils partagent les sens, et les sensations, les uns avec les autres, formant ainsi un cluster. Repérés par le même Whispers, ils sont bientôt obligés de fuir pour assurer leur survie. 

Malgré quelques idées intéressantes, notamment celle concernant ces liens sensoriels entre des personnes distantes, et son originalité quant à sa narration liée aux multiples lieux géographiques explorés, la série se perd dans des rebondissements faciles (et des dialogues pubères), dans des évocations stéréotypées des différents pays explorés, dans des explications bon marché (encore des histoires de manipulations génétiques) et, même si cela reste agréable à l’œil, l’ensemble devient, avec des scènes érotico-naïves, rapidement ridicule. L’illusion du finale de l’épisode 4 (avec une bonne utilisation d’un montage entre les différents lieux et avec une musique faisant le lien entre tous les personnages) n’aura pas duré très longtemps. On ne pourra que regretter l’omniprésence de l’anglais alors que la série demandait explicitement que les différentes langues soient entendues, et pas seulement lorsque les personnages ne se comprennent pas.

Une saison pour que les huit personnages comprennent ce qui leur arrive et, au dernier épisode, seuls deux se sont rejoints. On se demande combien de saison(s) derrière pour que le groupe se forme complètement. Cette lenteur dans la narration serait intéressante si les auteurs exploraient réellement ce qui se passe dans la tête d’un individu qui soudainement voit dans le reflet de son miroir un autre. Mais pas du tout. D’abord surpris, les personnages s’accommodent plutôt facilement de leur contact avec les autres, utilisent les compétences de chacun (surtout dans les combats ou dans les scènes de sexe, ce qui est un peu limité comme illustration de ces connexions à distance) et hormis quelques rares scènes, ils ne sont pas encombrés quotidiennement par ce lien alors que justement il aurait été intéressant de voir qu’ils peuvent passer pour fous, avoir des comportements étranges aux yeux des autres (se battre sans adversaire par exemple mais les auteurs ont fait le choix de synchroniser les combats de part et d’autre).

Tout cela servit à la sauce fadasse, malgré quelques passages humoristiques à travers le personnage de Lito. Les dialogues entre les personnages sont plats et niais (mention spéciale au couple Nomi / Aminata en ados décérébrées), les scènes tournent soit autour de combats, soit autour de scènes de sexe ce qui devient rapidement répétitif et ennuyeux et les quelques moments de « réflexion » tournent vite au ridicule : une explication génétique de ces connections entre personnes assez pourrie ou des scènes de hacking avec une Nomi aussi crédible derrière son ordinateur que Sun Bak en boxeuse thaïe. Comme souvent avec les Wachowski, tout parait cliquant, aguicheur et spirituellement balourd.

Peut-être le plus grand problème derrière ce boulgi-boulga faussement subversif tient dans ce que la série s’annonce clairement comme une déclaration d’intention des Wachowski sur leur propre identité trans-genre. Sense8, c’est un peu Heroes chez les LGBT, mais vu que tout cela est dramatiquement cheap, cela rend tous les enjeux liés à ces questions digne d’une teenage drama : niais et vite agaçant.

 

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