Les beaux étés (tomes 1 & 2) de Zidrou et Jordi Lafebre

Tome 1 : Cap au Sud ! Bienvenue dans la famille Faldérault. Nous sommes en 1973 et comme tous les débuts d’été, la famille attend patiemment en bas de l’escalier que Pierre, le chef de famille, termine ses derniers dessins pour enfin mettre le cap au Sud dans la 4L familiale. Mais cette année, le rituel a un goût plus amère : le succès tant attendu de Pierre dans le trépident monde de la bande dessinée se fait attendre et sa femme Mado envisage de le quitter après les vacances. Dès lors quand il prend trois jours de plus sur le créneau des vacances familiales pour terminer ses dessins, l’humeur n’ en est que plus morose, y compris chez les quatre enfants pourtant habitués aux facéties de leur père. La famille part enfin, mais les chansons habituelles parviennent à peine à couvrir les rancœurs du couple.

Tome 2 : La Calanque. Retour en arrière dans les années soixante et plus précisément en 1969. Pierre parachève les derniers dessins d’une série qu’il espère le fera connaitre du public, pendant que sa femme et leur trois enfants attendent patiemment au bas de l’escalier. Alors que Pierre termine enfin sa série, la famille embarque dans la 4L direction le Sud. Tout va pour le mieux chez les Faldérault, Pierre croit au succès de sa série et Mado est enceinte, la vie semble alors pleine de promesses.

« Les gens heureux n’ont pas d’histoire ». Telle est l’ambition de cette série, donner à voir une famille ordinaire vivant en Belgique, n’ayant comme seules aventures, la naissance des enfants, les vacances familiales et les tracas quotidiens autour du boulot ou de l’argent. Les deux albums sont construits à l’identique et s’ouvrent toujours sur l’image du père penché sur sa table de dessin terminant péniblement une planche pendant que sa famille attend au pied de l’escalier le top départ des vacances.  Vient ensuite la ritournelle sur le choix de la destination, qui se termine toujours par l’emblématique « Cap au Sud » et voilà notre famille lambda propulsée sur les routes de France pour atteindre le soleil tant mérité.

Le ton de cette série est forcément nostalgique : l’auteur semble regarder avec bonheur cette époque pendant laquelle le camping sauvage était encore possible, le tourisme n’était pas encore de masse, la conduite sans permis était tolérée et le port de la ceinture paraissait totalement absent des consciences. Malgré quelques touches dramatiques (la séparation possible du couple, la mort d’un membre de la famille, le nouvel échec éditorial de Pierre), rien ne semble au fond entacher la bonne humeur familiale. A priori, il s’agit de la quatrième collaboration entre Jordi Laferbe et Zidrou après la série La Mondaine que j’avais plutôt aimée, Lydie et La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui vont bien. On retrouve dans cette série la même bienveillance envers les personnages et le même regard empreint de nostalgie sur le passé.

N’ayant pas vécu à cette époque bénie des années soixante et soixante-dix, je n’ai pas ressentie « l’effet madeleine » recherché par cette série. Ce qui ne m’empêche pas de la trouver sympathique. Cependant comme pour les « feel good » movies qui me laissent toujours perplexe quand ils ne sont pas accompagnés d’un regard critique sur ce qu’ils sont ou ce qu’ils nous donnent à voir, j’ai l’impression ici que cette narration nous présente une vision un peu trop chatoyante de cette période et pas assez distante. Mais c’est probablement mon côté râleuse 🙂

 

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