The Game (saison 1 ?) de Toby Whithouse

Londres, 1972. Tandis que l’ère Brejnev est synonyme d’un refroidissement dans les relations internationales, en Angleterre, le MI5 s’active pour contrer les menaces rouges qui pourraient mettre en péril la bonne société britannique. Lorsqu’un transfuge du KGB, Arkady Malinov (Marcel Iures), contacte le MI5 pour révéler une opération d’ampleur du KGB, l' »opération Glass », celui-ci réunit une équipe de chic et de choc sous la férule de « Daddy » (Brian Cox) : l’espion beau ténébreux tourmenté, Joe Lambe (Tom Hughes), les époux Sarah et Alan Montag (Victoria Hamilton et Jonathan Aris), le dandy célibataire vivant chez sa mère Paul Ritter (Bobby Waterhouse). L’équipe est complétée par un détaché de la Special Branch, Jim Fenchurch (Shaun Dooley) et par la secrétaire à tout faire, Wendy (Chloe Pirrie). Le MI5 devra ainsi affronter ce qui semble être la plus grande opération menée par le KGB contre le royaume de Sa Majesté alors qu’une taupe semble saboter leurs efforts depuis l’intérieur…

Voilà donc que la BBC nous propose Tinker, Tailor, Soldier, Spy, la série, mais en oubliant ce qui en avait fait la qualité, à savoir : le scénario (adapté de John Le Carré). En effet, ici, le scénario est tout en effets de manche sans fond, ce qui donne une impression de creux assez abyssal. Le scénario ne tient pas. Dès le deuxième épisode, le spectateur, quelque peu irrité, se rend compte qu’Arkaky soit balance des informations bidons pour faire tourner le MI5 en bourrique soit est lui-même victime de désinformation. Du coup, voyant que nos agents smart se laissent prendre totalement au piège, le même spectateur s’agace quelque peu, puis se désintéresse totalement de ce scénario inutilement tarabiscoté pour tenter de trouver un autre intérêt.

D’ailleurs, les acteurs eux-mêmes semblent ne pas y croire. Tous sur-jouent avec une intensité digne des grandes heures du théâtre shakespearien. Le problème, c’est qu’ils donnent l’impression de s’agiter comme des idiots pour pas grand chose. La palme ici revient évidemment à l’argument beaugossitude de la série, Tom Hughes, qui nous déroule toute la panoplie Eton-Royal-School-of-Drama-et-Posh-Club-de-riches-avec-accent-bien-comme-il-faut (bande de péquenots !). Il n’est pas seulement beau ténébreux, il est aussi tourmenté, voyez-vous, par sa tentative ratée de défection à l’Est pour les beaux yeux bruns d’une belle brune mais qui a tourné court et qui a entraîné la mort de la belle… Cumberbatch, tu peux aller te rhabiller !

N’est-ce pas que je suis beau, ombrageux, classe et inatteignable, bande de clodos ? ! ?

L’ensemble suscite une réaction : que c’est dommage. Tinker Tailor, Soldier, Spy avait montré à quel point le film (ou la série) de genre d’espionnage dans les années 70, avec une touche so british, recelait un potentiel. Mais encore faut-il pour cela proposer une histoire qui tienne la route et ne pas se contenter de faire dans l’apparence. Quelques moments sont à cet égard mieux réussis, mais ils sont tellement rares. L’ampleur du gâchis est révélé d’ailleurs dans les scènes où le couple semble éprouver des problèmes liés à la difficulté d’avoir un enfant (ou plutôt le refus, dans le cas de Sarah). Cela tombe tellement comme un cheveu sur la soupe qu’on se rend compte qu’à aucun autre moment la série ne s’est intéressée à la vie privée des personnages, ce qui indique le caractère totalement artificiel de ces scènes.

Et donc le déroulé, toujours le même — Arkady est contacté par le KGB de manière indirecte, il reçoit un nom, le nom est celui d’un agent dormant du KGB, le MI5 surveille l’agent, se trompe, l’agent est tué par le KGB, le MI5 décide de ne rien rendre public pour ne pas que le KGB suspecte qu’il sait quelque chose… euh, WTF ? — se répète inlassablement, permettant au spectateur d’en vérifier l’ineptie et au réalisateur ainsi qu’aux acteurs de multiplier leurs effets. Six épisodes, et pourtant, dès le deuxième, la monotonie, pour ne pas dire l’idiotie, s’installe.

La BBC, parfois (de plus en plus, à l’instar de l’ensemble de la production britannique, hélas), oublie que lorsque le style prime sur la substance, le style n’est synonyme que d’affectation.

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