Oscar Wilde, l’impertinent absolu au Petit Palais

Le Petit Palais s’émeut de la non célébration du centenaire de la mort d’Oscar Wilde dans la capitale française là où Londres lui consacra en 2000 deux expositions, l’une à la British Library focalisée sur sa biographie et ses écrits littéraires et l’autre au Barbican Center autour de ses relations avec les artistes de l’époque. Oubli réparé par cette exposition seize ans après l’échéance (?) et qui promet un nombre incroyable de documents inédits sur cet Irlandais impertinent.

Une longue file d’attente se profile à l’entrée du Petit Palais et il me faudra pas moins d’une heure trente pour entrer et voir cette exposition que l’on parcourt en à peine quarante minutes et que l’on peut aisément qualifier de superficielle. De ces origines irlandaises, il n’en sera jamais question. On peut l’excuser. De ses préoccupations littéraires guère plus, car on ne peut pas considérer qu’exposer quelques œuvres vaut réflexion. Et là on ne peut sincèrement pas l’excuser. Alors qu’ont-ils à dire sur Oscar Wilde ? Pour faire simple, Oscar Wilde est un dandy qui aimait les mondanités et savait sortir quelques bons mots en société, ce qui est ravissant. Les documents « inédits » sont souvent des portraits ou des photos d’Oscar Wilde qui certes aimait poser. Et quelques lettres.

Une mise en scène un peu appuyée, non ?

Mais le clou du spectacle n’est pas dans le propos général de l’exposition (car finalement il n’y en a pas) mais plutôt dans la forme même de l’exposition et sa mise en scène que je qualifierais de « sulfureuse pourrie ». Les différentes salles de l’exposition ressemblent en version pourrie à des alcôves dans lesquelles on pénètre comme de vils voyeurs que nous sommes pour découvrir, dans une atmosphère tamisée (lumière blafarde oblige) et confinée, les documents inédits sur Oscar Wilde. Les murs sont systématiquement de couleur sombre (rouge ou vert) avec des écritures dorées qui reprennent quelques bons mots de cet hurluberlu de Wilde. Les salles sont exiguës ; on a beaucoup de mal à se déplacer dans l’exposition et pour voir certains documents il faut se résigner à lire au-dessus de l’épaule des autres. On a perpétuellement l’impression d’être presque en infraction à venir contempler quelques chose qui relèverait de l’interdit. Tout cela est profondément navrant et montre quand même une certaine dose de bêtise dans la manière qu’ont eu ces commissaires de penser leur exposition.

Un exemple de ces citations qui échelonne le parcours du visiteur…

Ceci dit, vu la longueur de la file en sortant, ils n’ont peut-être pas tort. Les visiteurs se ruent pour partager quelques instants dans ces alcôves bidons, pour jeter un regard presque condescendant sur la vie de cet écrivain génial qui se voit ici réduit à son image la plus plate. J’avais déjà visité une exposition au Petit Palais, sur Paris 1900, la ville spectacle. J’avais déjà remarqué le goût de ce musée pour la mise en scène tapageuse. De quoi me dégouter d’y remettre les pieds !

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