City on Fire de Garth Risk Hallberg

Au soir de la Saint Sylvestre 1976, une jeune femme Samantha Cicciaro, 17 ans, est blessée par balle dans une allée de Central Park. Découverte par un passant, elle est emmenée à l’hôpital où elle est plongée dans le coma. Elle devient alors le personnage central du roman, autour duquel vont graviter une kyrielle de personnages : Charlie, son ami ; Keith, son amant ; Mercer, le passant qui l’a découverte ; William, son compagnon ; Regan, sa sœur qui se trouve être également la femme de Keith ; Amory un oncle mafieux, Richard, un journaliste freelance et Larry, un inspecteur de la criminelle bientôt à la retraite. Le récit s’organise alors autour de deux pôles opposés : d’un côté l’opulence financière symbolisée par la tour Hamilton-Sweeney, appartenant à la famille de William et de Regan, de l’autre les bas-fonds de New York où vit un groupe d’anciens musiciens punk, les néohumains, ambitionnant de déstabiliser la ville. Entre ces deux pôles, Charlie est perpétuellement à la recherche de Samantha.

Une fois n’est pas coutume, l’éditeur français Plon nous gratifie d’une bande annonce pour ce livre, assortie d’un site dédié. Ce roman est précédé d’une réputation sulfureuse : des éditeurs américains se seraient battus à coups de chiffre pour le publier (Knopf a remporté la mise avec un budget de 2 millions de dollar) et Plon aurait déboursé également une belle somme pour le publier en France, ce qui fait de ce premier roman le plus cher à ce jour. On comprend du coup l’opération marketing de Plon.

Le roman est divisé en sept livres, séparés par des interludes joyeusement mises en scènes (coupure de journaux, extrait de carnet intime ou de roman) se donnant les apparences de la spontanéité alors que le lecteur voit bien comment tout cela est parfaitement fabriqué. Il s’étend sur près de 900 pages  (dans la version anglaise) et couvre la période qui va du 31 décembre 1976 au 13 juillet 1977, jour du fameux blackout (tout en s’autorisant des retours en arrière et même quelques projections vers le futur, notamment en ce qui concerne le personnage de Regan). Il mêle saga familiale (les Hamilton-Sweeney), enquête policière avec la tentative de meurtre non résolue sur Sam, roman d’apprentissage autour du personnage de Charlie et roman historique sur la ville de New York à la fin des années 70 (avant le grand bouleversement des années 80).

Garth Risk Hallberg

Garth Risk Hallberg

Ce roman est long, j’ai eu toutes les peines à le finir. L’écriture et le style de Garth Risk Hallberg sont assez communs (je trouve que la comparaison avec Don DeLillo est un peu abusive). Le roman est très bavard et il ne laisse que peu d’espace au lecteur (le narrateur omniscient nous dit comment interpréter certains gestes ou certaines paroles de ces personnages, on est donc sommé de le suivre), un roman qui semble complexe mais qui surjoue sa complexité en créant une nébuleuse factice autour des personnages. La résolution de l’enquête policière est assez ridicule, l’ensemble des intrigues autour de la famille Hamilton-Sweeney et des agissements d’Amory ne débouchent sur presque rien et finalement tout le monde rentre bien sagement chez lui. Malgré sa forme, ce roman dans ses propos est finalement bien conventionnel.

Autre point central du roman : les feux d’artifice. Le père de Samantha est artificier pour la ville de New York, en charge notamment de la célébration du 4 juillet. Mais concurrencé par le tout automatisé, il perd de nombreux contrats et finit par être déclaré en faillite. Richard le journaliste fera un entretien avec lui, avant d’apprendre que la jeune fille blessée dans le parc est sa propre fille (dans deux interludes on peut voir le résultat de cet entretien). Et les Néohumains n’auront de cesse de venir puiser dans les stocks en perdition de la société pour préparer leur grande performance le soir du 13 juillet 1977, le fameux soir du blackout. Cette soirée apparait donc comme le bouquet final de ce qui devrait alors être un vaste feu d’artifice de 900 pages, on trépigne d’avance de suivre les personnages pendant cette nuit mémorable. Pour ma part, le bouquet final a eu davantage l’effet d’un pétard mouillé, conclusion assez banale d’un roman qui impressionne plus par sa taille et le nombre de personnages que par son style ou son intelligence. Pour des comptes rendus plus détaillé, voir la critique du New York Times et celle du Guardian.

Que de temps perdu à me forcer à le finir !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s