Nos dix meilleurs films de 2016

p1480055Avec quelques jours de retard (froid oblige) et quelques difficultés à choisir parmi les films vus cette année, qui il faut bien le dire a été une année pauvre question cinéma (seulement 37 films vus cette année, ce qui est bien moins que les années précédentes), voici le tant attendu top 10 des films de l’année, version Boggans.

Rappelons le principe : chacun des deux boggans sélectionne ses dix films préférés, le premier reçoit 10 points et ainsi de suite.  Voici donc le classement commun :

10. Juste la fin du monde de Xavier Dolan (5 points) parce que Dolan a réussi à filmer ici l’incroyable performance d’un Vincent Cassel dans un rôle très riche, toujours sur le fil du rasoir entre brutalité et fragilité.

9. Free State of Jones de Gary Ross (6 points) : malgré ses défauts (longueurs, hachures dans le récit), ce film ressuscite un épisode oublié de la Guerre de Sécession et surtout renoue avec ce que liberté et république pour tous signifient. Il pose les questions essentielles pour l’Amérique — et ailleurs — de cé début de XXIe siècle.

8. Hail, Caesar des frères Coen (7 points) : parce que les Coen restent inégalés lorsqu’il s’agit de mettre en scène la comédie burlesque, et pour la scène de Clooney ayant découvert le marxisme et l’expliquant à son producteur.

7. Youth de Paolo Sorrentino (8 points) : un film sur des vieux qui n’est pas vieux. La sensibilité et la délicatesse sont alliés à un humour (y compris grivois) qui réjouit et rassérène. Une ode à la création et un très beau portrait d’un artiste… non pas en jeune mais en vieil homme confronté à la mort et à ce qu’il laisse derrière lui.

6. The Other Side de Roberto Minervini (9 points) : ce portrait de l’Amérique des déglingués, des marginaux, des « white trash » est à la fois terriblement poignant et atrocement réaliste, tant dans la souffrance infligée à soi-même que dans la haine projeté sur les autres. Minervini a donné ici une clé de lecture de l’Amérique de Trump. Un film désormais indispensable.

5. La loi du marché de Stéphane Brizé (10 points) : certes, nous avons découvert ce film avec un temps de retard, mais son message est terriblement (et de plus en plus) d’actualité. Les aberrations du système capitaliste néolibéral sont là, visibles, concrètes devant nos yeux. Merci à Stéphane Brizé de nous les montrer.

4. Comme des lions de Francoise Davisse (11 points) : que signifie filmer un conflit social ? une grève ? la lutte des classes ? Le tour de force de ce film c’est non seulement de donner à voir l’inhumanité du système capitaliste néolibéral (comme dans La loi du marché ou I, Daniel Blake ou Merci Patron), mais c’est en plus qu’il pose la question de ce que cela signifie de le montrer au cinéma, et ce à travers le genre documentaire. Cette réflexion esthétique permet au spectateur de développer son regard critique sur le monde actuel. Un film majeur.

3. Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud Desplechin (14 points) : à rebours de la plupart des films de ce classement, Desplechin offre ici une évocation à la fois nostalgique et cruelle de sa jeunesse et surtout des femmes qui l’ont fait… ou brisé. C’est un film entre le doux-amer et la souffrance pure, avec une scène où Mathieu Amalric est bouleversant.

2. Spotlight de Tom McCarthy (17 points) : un film tout droit sorti de la meilleure veine des films d’enquête tels que Hollywood savait encore les faire dans les années 1970, à la fois didactique (il nous renseigne sur ce qu’a été le plus grand scandale de pédophilie aux Etats-Unis) et palpitant dans sa présentation du milieu journalistique d’investigation (non, non, ce n’est pas un film de science-fiction). Réjouissant.

1. The Witch: A New England Folktale de Robert Eggers (20 points) : le score maximum, le film qui a donc fait l’unanimité chez les boggans, et sans aucune hésitation tant la maîtrise cinématographique se conjugue avec une réelle intelligence pour filmer non pas une période de l’histoire mais les mentalités de cette période, pour réussir à rendre compte de la manière dont les femmes et les hommes de la Nouvelle Angleterre du XVIIe siècle voyaient ce qui les entouraient, car ils l’imaginaient. Brillant, fascinant, baroque et effrayant, ce « conte populaire » cinématographique est un chef d’oeuvre.

Pour information, quelques films ont été choisis par l’un ou l’autre d’entre nous, mais sans être suffisamment bien placés pour entrer dans notre classement : I, Daniel Blake de Ken Loach et Merci patron ! de François Ruffin (mais moins fort que Comme des lions car trop égocentré et donc confronté aux limites de l’exercice). On a aussi également apprécié 13th D’Ava DuVernay (qui avait réalisé Selma) pour ses qualités de fond (avec la volonté d’historiciser à la fois le racisme aux Etats-Unis et le système carcéral qui l’accompagne et s’en nourrit en le perpétuant), mais moins sa forme, trop flashy soi-disant pédagogue.

Bilan donc d’une année 2016 relativement pauvre, encore une fois : nous avons aimés le cinéma qui a joué son rôle, c’est-à-dire, qu’il nous donne à voir le monde dans lequel nous sommes (même si c’est un peu cliché que d’écrire cela) et, par conséquent, qui nous permet de mieux le comprendre . Or, ces films-là sont rares, et force est de regretter que le cinéma de divertissement a quasiment abandonné cette ambition (où les exceptions de Spotlight et de The Witch sont donc encore plus bienvenues). Pour cela, il vaut mieux se tourner vers les séries… ce qui nous amène à notre prochain article !

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