Oubliés de la Grande Guerre: Humanitaire et culture de guerre d’Annette Becker

Dès l’introduction, Annette Becker se place dans la ligne des historiens de Péronne en rappelant que l’effort de guerre a été majoritairement consenti. Elle inscrit son travail dans un nouveau (en 1998) champ de recherche, non sur la violence combattante mais sur celle subie par les prisonniers de guerre et les populations des territoires occupés, qu’elle considère comme appartenant au premier cercle de deuil (théorie déjà développée dans 14-18: Retrouver la guerre, découlant de celle de Jay Winter sur les communautés de deuil). Ce faisant, elle requalifie la Première Guerre mondiale de guerre totale, là où nombreux historiens réservent ce qualificatif pour la seconde et ne relèvent que des « aspects de totalisation ». Elle rappelle également que toute la société a été impliquée dans la guerre (militaires comme civils) dans ce qui forme une véritable « culture de guerre » (chaque individu étant le produit d’une éducation, portant des valeurs qu’il va défendre et mettre à l’épreuve du conflit au sein de communautés imbriquées).

L’étude se focalise dans un premier temps sur deux groupes d’individus oubliés de l’historiographie française (et internationale) : les prisonniers de guerre et les civils occupés. Elle s’intéresse ensuite aux organisations caritatives qui ont œuvré pendant toute la durée de la guerre pour venir en aide à ces deux groupes. La dernière partie de l’étude revient sur l’impossible travail humanitaire dans un contexte de guerre totale.

Première partie : la guerre nue, la somme des malheurs.

« Personne n’échappe à la guerre » (p.23).

Cette première partie porte sur l’étude des civils occupés et des prisonniers de guerre, qu’elle considère comme des civils en guerre (qu’ils aient été mobilisés ou pris dans la zone de conflit) notamment parce que pendant la guerre, et plus précisément dans les camps et dans les zones occupées, civils et militaires se côtoient. A partir de témoignages datant du conflit uniquement (l’auteur s’est interdit l’utilisation des sources des années 1920, jugées trop accusatrices), elle étudie leurs représentations.

  • Les souffrances des civils occupés

Outre les journaux intimes de civils occupés, l’étude utilise également deux documents émanant de deux journalistes américains envoyés en France occupée en 1915 : John Reed et Robert Dunn. Concernant ces sources, l’auteur précise d’une part que ces deux envoyés étaient sous la bonne garde des autorités allemandes, ce qui peut poser problème dans son analyse et que d’autre part les témoignages qu’elle a utilisés émanent en grande partie des classes aisées (son analyse a un point aveugle en ce qui concerne les classes plus populaires).

Ce qui ressort de ces documents est un profond sentiment d’isolement, aggravé par la sensation de ne plus avoir d’information sur la famille ou la situation ailleurs en France et un découragement précoce (dès 1915) qui amène certains à préférer la paix à la victoire. Les réquisitions affament les populations occupées, les prises d’otage la terrorisent. Certains otages sont envoyés dans des camps de prisonniers civils en Allemagne et y resteront pendant toute la durée de la guerre (cf. le cas des 1500 Amiénois). En octobre 1916, les Allemands mettent en place le travail forcé, le ZAP (Zivil Arbeiter Bataillonen) : des bataillons entier de jeunes hommes sont envoyés près du front dans des camps de prisonnier pour travailler à l’effort de guerre de l’ennemi (consolidation des tranchées principalement et entretien des voies de communication). Leurs conditions de détention sont alors proches de celle des prisonniers militaires : travail intense, sous-alimentation et hygiène déplorable engendrent maladies et décès. Avec le prolongement de la guerre, les frais occasionnés par la prise en charge des populations occupées deviennent un problème pour l’administration allemande, qui décide alors d’organiser des évacuations, d’abord volontaires puis forcées. La population parle alors de véritable déportation de civils hors des zones occupées, et l’une d’elle reste dans tous les esprits, celle de pâques 1916 où ont été évacuées de très nombreuses femmes (jugées inutiles ?). Sur ces populations de civils déportés, certains civils seront envoyés dans des camps pour travailler parce que considérés comme valides, les autres seront envoyés en pays neutre (comme en Suisse) avant leur retour probable en France.

Parmi les points intéressants de cette partie : l’auteur explique qu’une témoin confond parfois ses souvenirs de l’occupation de 14-18 avec celle de 1870 ; elle ajoute à un autre moment que des rumeurs sur le comportement des soldats allemands envers la population se propagent rapidement dans les zones occupées, ce qui lui fait dire que 1) il faudrait comparer le vécu des populations occupées avec ce qu’en disent les archives des Etats « capteurs » et 2) qu’un imaginaire collectif se construit à partir des expériences passées d’occupation, imaginaire réactivé par les populations confrontées aux mêmes drames et qui « habillent » parfois la réalité. Ce qui m’a fait dire que l’être humain est un être de fiction.

  • Les épreuves des prisonniers militaires

Dans les camps de prisonniers allemands, les militaires pris sur le front côtoient les civils otages ou les travailleurs forcés. Le mélange est complet entre civils et militaires et entre les hommes, les femmes et les enfants.

Dans les camps les prisonniers souffrent de faim, de froid et sont vulnérables aux maladies, d’autant que les services sanitaires des camps ne prennent aucune mesure semble-t-il pour enrayer la propagation des maladies. S’ajoutent à ces souffrances au quotidien le travail forcé dans les fermes, dans les marais et dans les mines, y compris pour des prisonniers issus des classes intellectuelles. Les prisonniers qui refusent de travailler sont punis (la sanction la plus commune jusqu’en 1915 étant le poteau). Ils sont également tributaire de logiques de représailles entre la France et l’Allemagne, chacun s’accusant de mauvais traitement sur les prisonniers et justifiant ainsi des mesures encore plus sévères. Ils tentent de combattre la monotonie qui les prend après plusieurs mois de captivité en se tournant vers des activités manuelles ou spirituelles quand ils en ont encore la possibilité.

L’auteur précise que des inégalités persistent dans le quotidien des soldats prisonniers, notamment entre d’un côté les Anglais ou les Français qui reçoivent des colis (colis qui leur permettre de combler les manques du quotidien) et d’autre part les Russes ou les Roumains qui ne reçoivent rien. Elle parle à un moment d’un régime d’enfermement à deux vitesses. Comme l’expérience de guerre, l’expérience de l’emprisonnement n’a pas été la même suivant les origines (sociales ou nationales) des détenus.

Deuxième partie : les interventions humanitaires

« Comment en même temps ne pas prendre part au combat en cours et vouloir apporter aide et soutien à ceux qui en sont les victimes, ou certaines victimes ? » (p.150).

Cette deuxième partie se focalise sur le rôle du CICR (Comité international de la Croix rouge), association privée de droit suisse, créée en 1864, qui jouit d’une double neutralité, caritative et politique, et celui du Vatican pendant le conflit

2.1 A la recherche des traces de vie, des disparus aux inconnus

Dans les premiers mois de la guerre, il y a beaucoup de disparus. Les familles en quête de nouvelles s’adressent à leur curé ou à leur maire pour avoir des nouvelles de leur proche. Un service au CICR et un autre au Vatican rassemblent les demandes des familles et entament des recherches dans les camps de prisonniers en Allemagne pour tenter de retrouver des disparus. Une fois le prisonnier localisé, sa famille est informée et la correspondance peut débuter.

2.2 Pour les prisonniers militaires, faire appliquer les conventions.

Concernant les prisonniers de guerre, la première tâche du CICR a été de renseigner les familles sur le lieu éventuel de détention de leur proche, puis de faciliter les correspondances (lettre ou colis) entre ces mêmes familles et les détenus. Le CICR n’opérait pas seul, il était aidé par des associations caritatives nationales ou locales, et son travail était garanti par les conventions et le bon vouloir des belligérants (eux toujours dans une logique nationale et non comme le CICR dans une logique de neutralité par rapport aux victimes).

Sa deuxième tâche consiste à visiter les camps, mais cela dépend du bon vouloir des belligérants. Les camps n’ont donc pas tous été visités, et jamais les camps de travail, d’étapes, ceux en zone de feu ou ceux dans les territoires occupés n’ont fait l’objet de visite. Le CICR n’a pas été le seul à visiter les camps, des organisations spirituelles l’ont fait également mais davantage pour apporter un soutien moral que dans l’idée d’enquêter sur les conditions de vie, sanitaires notamment.  L’auteur constate un décalage important entre les récits des soldats de leur quotidien de détention et les rapports du CICR, pointe le problème de la neutralité du CICR face au prisme national des belligérants (incapables de reconnaître en l’autre une quelconque qualité). Mais elle ne semble pas vraiment remettre en cause la portée de ces enquêtes du CICR faites sous bonne escorte.

Sa troisième tâche consiste à utiliser les voies de la diplomatie pour faire respecter certains accords signés avant guerre, notamment les échange des personnels sanitaires, le rapatriement des blessés ou des malades élargi aux pères de famille ou aux détentions longues. Si le rapatriement des invalides ne pose pas de problème (et encore), celui des malades ou des blessés est plus difficile à faire accepter, chaque belligérant ayant la crainte qu’une fois soigné les soldats reviennent au front. A partir de 1916, et avec la promesse d’internement en pays neutre en attendant la fin de la guerre, le rapatriement des malades et des blessés commence. D’abord les blessés physiques, puis lentement les blessés psychiques, ceux victimes de ce que l’on appelle alors la psychose des barbelés (qui touche ceux internés depuis le début du conflit notamment). Mais pèse toujours sur ces négociation l’importante différence dans le nombre de soldats français captifs par rapport aux allemands et l’adage du 1 contre 1 prévaut contre toutes autres formes d’échanges humanitaires.

2.3 Les prisonniers civils, nouveau domaine d’intervention pour les organisations humanitaires.

Le CICR crée une section civile dès 1914 sous la pression des familles de disparus. Contrairement aux prisonniers militaires, les civils sont un groupe plus disparate, l’auteur les classe en trois catégories : les civils internés en pays ennemi mobilisables (hommes de 18 à 45 ans environ) ; les civils occupés envoyés / déportés dans des camps suite à des représailles (résistant ou otages) ou pour travailler ; les civils fugitifs en pays alliés ou neutres.

Le CICR et le Vatican vont appliquer les mêmes méthodes aux civils internés : renseignement, mise en correspondance et demande de rapatriement, toujours avec les mêmes difficultés, les civils étant cette fois considérés comme des monnaies d’échange en cas de crise.

Le travail entrepris par le CICR trouve son aboutissement dans les accords de Berne en avril 1918 pendant lesquels les belligérants vont pour une fois se parler en direct (il faut dire que la guerre dure, l’opinion publique se lasse et espère des avancées sur le sort des prisonniers et des civils à défaut d’une résolution du conflit). Des accords sont conclus pour le rapatriement des prisonniers militaires les plus anciens et les civils internés, notamment les femmes, les enfants et les vieillards.

Mais les offensives d’automne viennent stopper les opérations de rapatriement. Si la fin de la guerre met un terme à l’internement des prisonniers et des civils français, elle va par contre compliquer grandement la situation des prisonniers allemands dont le sort sera scellé non pas par les accords de Bern mais par la convention d’armistice.

Troisième partie : limite et échec de l’humanitaire

« C’est par l’étude de ce décalage central (neutralité contre patriotisme) et ses épigones que nous conclurons ce livre. Nous verrons combien ils ont handicapé les œuvres humanitaires et les ont parfois réduites à néant » (p.270).

3.1 La violence du monde

Le CICR s’est limité au respect des conventions signées par les belligérants, tout en gardant un œil sur les populations civiles qui en étaient exclues. S’il cherche à aider ses populations, il le fait tout en évitant de froisser les pays belligérants de peur de perdre sur le front des conventions. Sans mandat son champ d’action est limité comme en témoignent certains exemples dramatique.

Les exactions contre les prisonniers et les blessés sur le champ de bataille appartiennent au domaine d’intervention du CICR mais sont difficilement traitées. Si le CICR reçoit de nombreuses dénonciations au début de la guerre, celle-ci diminuent au fil du conflit, non pas parce qu’il n’y a plus d’exactions mais plus probablement parce que faute de réponse, les accusateurs ne voient plus l’utilité d’agir.

Le CICR se heurte également à la logique de la réciprocité qui vaut chez tous les belligérants, là où lui ne voit que des questions de droit. Logique de réciprocité qui conduit bien souvent à des logiques de représailles que le CICR ne parvient pas à juguler (elle donne des exemples de ces représailles entre pays en guerre en citant le cas des navires-hôpitaux alliés bombardés par l’Allemagne au prétexte qu’ils transportent aussi des valides et des munitions, ou celui des bombardements aériens de cibles sanitaires qui cette fois touchent directement les populations civiles ou encore de l’utilisation des gaz).

Le CICR se heurte également à la logique patriotique qui au fil de la guerre va faire des prisonniers des enjeux de la remobilisation de l’opinion. Redevenus soldats à part entière à partir de l’année 1917 (alors qu’en 1914, ils étaient soupçonnés d’être des déserteurs), l’Etat français les exhorte à ne pas obéir à l’occupant et même à mener des actes de résistance, compliquant là encore la tâche du CICR dans sa volonté de faire respecter les conventions. En réaffirmant le statut de soldat des prisonniers (et en leur niant le statut de neutre), l’Etat s’immisce négativement dans les négociations en cours, notamment celle liées à la question des rapatriements.

Le CICR doit également composer avec des experts de toute sorte, qui publient une littérature scientifique abondante pour remettre en cause sa neutralité affichée en l’accusant régulièrement de faire le jeu de l’ennemi. Et il se heurte aux ligues pacifiques qui veulent la paix à tout prix et considèrent que son action ne fait que jouer en faveur de la guerre, en la couvrant d’un verni humanitaire ainsi qu’aux associations religieuses qui se livrent une guerre dans la guerre entre celle catholique associées au camp des neutres et celle protestantes accusées de prosélytisme.

3.2 Une conception biologique des enjeux

La guerre revête une forte dimension raciale et pour contrer les accusations de l’Angleterre et de la France contre la barbarie allemande et les atrocités commises dans les territoires occupés, l’Allemagne ne cesse de mentionner la barbarie des troupes coloniales et le non-respect du droit des gens (à ne pas être en contact avec des soldats non civilisés) dans l’utilisation par les forces alliées des troupes de couleur. Face à ces polémiques, le CICR dans certains de ses rapports adopte un point de vue concordant avec l’Allemagne, rendant de facto l’accusation contre les troupes coloniales valide.

Cette logique raciste va s’immiscer dans l’organisation des camps de prisonniers qui vont bientôt voir des camps spéciaux pour certaines ethnies. Ces camps qualifiés de camp de propagande avaient pour tâche de « retourner » certains soldats contre leur patrie (soldats coloniaux musulmans contre la France catholique) ou servaient de laboratoire à l’exploration des différences entre races. Le CICR condamnera à plusieurs reprises la mise en place de ces camps ethniques, davantage au nom du droit en rappelant qu’un pays ne doit pas utiliser les prisonniers contre leur propre camp.

Au même titre qu’il est difficile pour le CICR de travailler dans un contexte racialisé par les belligérants, il aura les mêmes difficultés avec le comportement des médecins des deux camps expliquant ou niant les effets de la guerre sur les prisonniers en utilisant des critères raciaux.

3.3 L’impossibilité de la mémoire 1919-1939

Dans l’immédiat après-guerre, on honore principalement les morts combattants sans faire de distinction statutaire (pour les prisonniers ou les civils occupés) ou géographique (pour les régions du Nord). Puis, dans un second temps, que ce soit concernant le rapatriement des corps ou l’inscription sur les monuments aux morts, les prisonniers et les civils sont les grands absents. Les prisonniers morts dans les camps ne reçoivent leur statut de « mort pour la France » qu’en 1922. Les prisonniers survivants n’eurent pas la même reconnaissance que leurs homologues combattants (notamment financière par les primes, les prisonniers étant considérés comme ayant servi à l’arrière).

Les accords de paix (y compris le traité de Versailles) ne prennent pas plus en compte le sort des prisonniers et des civils occupés (notamment dans le chiffrement des réparations ou dans l’instruction des procès).

Les anciens prisonniers civils ne créent leur association qu’en 1930 (celles des prisonniers militaires datent de 1924) et militent pour la reconnaissance de leur souffrance pendant la guerre. Elle intervient peu à peu et un monument est prévu à leur souvenir en 1939… avant que la guerre ne les jette une nouvelle fois dans l’oubli.

Conclusion

Aucune leçon n’a été véritablement tirée de l’expérience du CICR pendant la Première Guerre mondiale. D’une part parce que le pacifisme d’après-guerre fait taire une partie des témoins des exactions (notamment les prisonniers et les civils) en affirmant que la période 14-18 a été une folie et qu’elle ne se reproduira pas et d’autre part parce que le CICR ne sort pas de son cadre légal (notamment en ce qui concerne les visites dans les camps) et n’a pas fait acte de son manque d’information sur les conditions réelles de détention des prisonniers et des civils. En cela, il ne perçoit pas la totale inadéquation de ses méthodes avec le comportement des pays belligérants.

Ce qui fait que les mêmes erreurs vont se reproduire pendant la Seconde Guerre mondiale, avec toujours autant d’acuité en ce qui concerne les civils et les prisonniers, cette fois dans un contexte d’extermination.


Pour qui voudrait en savoir plus sur le sort des prisonniers pendant la Grande Guerre, ce livre répond à un grand nombre de question, et même si depuis sa publication (1998), les archives du CICR ont été mises en lignes, l’étude présente de façon succincte et exhaustive le rôle du CICR pendant le conflit.

J’ai voulu lire ce livre pour avoir plus d’information sur le sort des prisonniers pendant le conflit (d’une part parce que mon arrière-grand père est mort en captivité à la fin de la guerre de 1914 et d’autre part parce que dans le cadre d’un travail sur les soldats mobilisés dans ma commune, j’ai rencontré quelques cas de prisonniers et souhaité comprendre comment l’administration militaire traitait ces cas). J’avais déjà vu que les archives du CICR avaient été mises en lignes, donc je n’ai pas découvert grâce à ce livre l’existence de nouvelles archives (d’ailleurs je trouve que Annette Becker mentionne à plusieurs reprises les archives du Vatican, sans forcément les traiter par la suite dans son étude, elle se concentre plus sur le CICR). Par contre j’ai découvert le rôle du CICR dans la transmission des informations entre les familles et les détenus, ainsi que les mécanismes de la détention.

Le point le plus important de ce livre, me semble-t-il, est la séparation entre civils et militaires. Le conflit a fait disparaître les civils, Annette Becker montre bien que chaque belligérant ne voit en l’autre qu’un soldat et que cette vision, même si elle est complètement impropre sur le terrain pour des organisation comme le CICR (qui voit se côtoyer dans les camps des hommes, anciens civils, avec des femmes et des enfants), est une donnée indépassable dans les négociations.

Par ailleurs, ce qui m’a le plus étonné à la lecture est la naïveté dont fait preuve le CICR vis-à-vis des belligérants, notamment en ce qui concerne la visite des camps. A en croire l’auteur à aucun moment les personnels envoyés pour visiter les camps n’ont jamais mis en doute la sincérité des personnels des camps et à aucun moment ils ont eu conscience de ne voir que ce que les autorités voulaient bien les laisser voir. Une telle candeur surprend le lecteur contemporain, et à certains moments on a peine à y croire.

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