Maps and the 20th Century : Drawing the Line à la British Library

Exposition proposée à la British Library, depuis le 4 novembre 2016 et jusqu’au 1er mars 2017. En se focalisant sur le vingtième siècle, l’exposition ambitionne d’explorer cette période, qualifiée de contrastée et d’extrême, à travers les cartes et de montrer que ces dernières ont joué un rôle essentiel dans l’exercice des conflits (ou leur résolution), ainsi que dans la compréhension des mouvements — qu’ils soient migratoires, économiques ou naturels. Au vingtième siècle, l’utilisation des cartes s’est fortement démocratisée et diversifiée, les cartes ne servent alors plus seulement à cartographier le monde, mais à comprendre les sociétés humaines.

L’exposition se divise en cinq salles thématiques : Mapping a New World, Mapping War, Mapping Peace ?, Mapping the Market et Mapping Movement. La première section s’attache principalement aux usages individuels et presque prosaïques de la carte en dévoilant son importance dans les déplacements quotidiens (carte pour se promener dans son environnement immédiat ou carte touristique pour conducteur d’automobile), mais également dans la perception du monde (carte des colonies). La carte devient alors un objet usuel, comment en témoigne les nombreuses représentations de cartes sur des cartes postales.

Dans la deuxième section, la carte devient un instrument de la guerre. Les États investissent en effet des sommes conséquentes pour l’élaboration de cartes qui serviront à mieux préparer les opérations militaires (mouvement de troupes, cibles pour bombardement). De nombreuses cartes dans cette section concernent la période de la Première Guerre mondiale, notamment le tracé des tranchées alliées et ennemies. La carte devient également un support d’information (et de propagande) pour le public ; illustrées, elles en appellent à la fierté et au patriotisme nationaux.

En réaction à cette utilisation des cartes pour faire la guerre, la troisième section de l’exposition se focalise sur l’usage de cette dernière pour faire la paix. Pendant la phase de négociation à la fin des conflits, la carte joue un rôle prépondérante (carte du traité Sykes-Picot), elle est également utilisée pour montrer les crimes perpétués par certain régime (carte des goulags en URSS). La carte est également utilisée pour chiffrer les dégâts de la guerre et prévoir ainsi les secteurs à aider, elle est aussi le support d’un discours utopique sur un monde meilleur à créer après le deux conflits mondiaux.

Satomi Matoba’s Topographical Map of Utopia

Satomi Matoba’s Topographical Map of Utopia

La quatrième section s’intéresse à l’utilisation de la cartographie en économie. Sont donc exposées des cartes de gisements de gaz, de pétrole ou d’autres ressources naturelles. La carte devient alors un support de l’idéologie néo-libérale. Apparaissent également des cartes urbaines dont la fonction est à la fois de structurer l’espace urbain (entre zones commerciales et zones résidentielles) et de le comprendre (carte de la répartition de la population urbaine en fonction des revenus).

La dernière section s’intéresse enfin au mouvement avec dans un premier temps des cartes des planques terrestres et leur dérivation, puis des cartes simulant l’impact dans des zones habitées de catastrophes naturelles comme des séismes ou des tsunamis. Des cartes migratoires font leur apparition au côté de carte des réseaux. La carte tente alors de rendre compte du mouvement.

Marshall Islands navigational charts, XIXe-XXe siècle

Je suis assez partagée sur cette exposition : je trouve que d’un côté, il y a des documents remarquables qui sont exposés (mais rien de bien original quand on connait la richesse du fonds de la British Library) mais que dans un autre côté la problématique de l’exposition manque de complexité, à tel point que je me suis dit que les commissaires n’étaient décidément pas des géographes puisque la carte est vue avant tout ici comme un objet historique. Le vingtième siècle na pas été uniquement marqué par la démocratisation des cartes et leurs usages dans le quotidien, il a été aussi et surtout une remise en cause du médium de la carte. C’est pourquoi les enseignants tentent régulièrement de familiariser leurs élèves avec d’autres projections que celle de Mercator (or il n’y en a aucune dans l’exposition) et de leur montrer également des cartogrammes. Ici j’ai trouvé que l’exposition nous présentait une vision extrêmement traditionaliste de la carte (en gros elle sert à faire la guerre), très loin des réflexions actuels sur l’usage de la carte en géographie. Qui plus est, les thématiques abordées dans cette exposition sont loin d’être spécifiques au XXe siècle, et si les commissaires ne sont pas géographes, ils ne semblent pas non plus être historiens, car l’historicisation du sujet parait bien superficielle. Donc c’est beau mais un peu creux.

 

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