Passengers de Morten Tyldum

Le vaisseau spatial Avalon (ouh !) a quitté la Terre il y a trente années, avec à son bord 5 000 individus, en direction de la planète Homestead II. Le voyage devant durer 120 années, les personnes à bord du vaisseau ont été placés en hibernation et ne devaient se réveiller que quelques mois avant l’arrivée sur la planète. Mais suite à une collision avec un champ d’astéroïdes, le vaisseau a été endommagé et une cabine d’hibernation a prématurément réveillé son occupant. Jim Preston, un ingénieur mécanique, s’éveille donc avec 90 ans d’avance, seul, dans un vaisseau qui semble avoir subi quelques avaries. Dans un premier temps, il tente d’occuper son temps du mieux qu’il peut, en jouant, en regardant des films ; puis l’ennui le guettant, il décide de réveiller une autre personne, une femme qu’il a repérée dans les données du vaisseau. En décidant de réveiller Aurora Lane, il sait que ce faisant il la condamne comme lui à mourir lors du voyage et à ne pas vivre une nouvelle vie sur Homestead II.

Une combinaison improbable entre un film d’aventure / science-fiction et une comédie romantique. La bande-annonce laissait penser que la répartition entre aventure et comédie serait équilibrée, il n’en est rien : la majorité du film se focalise sur l’histoire d’amour entre les deux personnages, l’aventure se limite à la découverte des anomalies du vaisseau et la résolution rapide du problème. La trame autour de ce vaisseau transportant 5 000 personnes pour repeupler une planète lointaine n’est qu’un prétexte pour déblatérer sur le couple et ses problèmes éventuels : pourquoi sont-ils partis ? Comment ont-ils trouvé la planète Homestead ? Quelle est cette entreprise qui a conçu le vaisseau ? Comment est prévu le peuplement de la nouvelle planète ? Le film ne le dit pas simplement parce que ce n’est pas son sujet.

Dès lors quel est son sujet ? Un homme seul choisi une compagne pour être à ses côtés. Elle accepte ce rôle, puis boude parce qu’il lui a menti, pour finalement se rabibocher avec lui parce qu’elle l’aime (ou qu’elle n’a pas d’autre choix ?). Le réalisateur évite tellement les difficultés de son propre scénario que cela en devient prodigieux : outre le manque complet d’explications sur le projet Homstead II, le spectateur n’aura pas non plus loisir de découvrir comment les deux amants ont vécu les années de captivité sur le vaisseau et comment ils sont morts. Un plan plutôt habile mais quelque que peu facile sur la construction d’une oasis dans le vaisseau clôt le débat (et le film), on suppose donc qu’ils ont eu une fin de vie parfaitement harmonieuse (tellement harmonieuse que le film ne le montre pas).

Ainsi de deux thématiques de départ, le film n’en suit aucune et se contente de livrer une bleuette, agrémentée de quelques éléments futuristes et de minuscule scènes d’action. De la soupe cinématographique qui est en fait le parangon de la fiction pour adolescents (qu’elle soit littéraire ou cinématographique), à savoir le côté « seul au monde » doublé du « avec mon amour éternel ». Bref, comment faire un film qui n’est ni sur l’amour, ni sur la science-fiction en prétextant de faire les deux.

Peut-être le seul intérêt du film !

 

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