Robert Rauschenberg à la Tate Modern

Exposition présentée à la Tate modern depuis le 1er décembre 2016 et jusqu’au 2 avril 2017. Je ne connaissais absolument pas cet artiste américain, connu notamment pour ses collages, sur lesquels l’exposition revient peu puisqu’elle s’attarde davantage sur l’investissement de cet artiste envers la danse, qui se limitait au départ à la réalisation de décor pour des chorégraphies, mais qui au fil des ans s’est développé au point que Rauschenberg a fini par concevoir ces propres mises en scène et s’est même illustré sur scène avec d’autres danseurs.

L’exposition suit un parcours chronologique, des premières expérimentations de Rauschenberg jusqu’à ces dernières créations. A ses débuts, Robert Rauschenberg est très influencé par la peinture abstraite (comme en témoigne les deux monochromes noir et blanc présentés dans cette salle) et il cherche de son côté à renouveler l’approche picturale, en refusant notamment de se sertir d’un pinceau. En 1953, il crée Automobile Tire Print (une vaste toile reproduisant l’empreinte d’un pneu de voiture) et se passionne déjà pour les imprimés ou les collages. Plus tard, il s’intéresse aux couleurs et tente plusieurs expérimentations autour du rouge, supposément la couleur la plus difficile en art. Toujours dans sa recherche de remise en cause des conceptions traditionnelles, il tente dans une série de collage d’en finir avec l’idée d’un élément dominant dans la toile en créant au contraire une multiplicité d’éléments, et en faisant en sorte qu’aucun d’entre eux ne domine les autres. A cette époque, il participe à sa première création de décor pour une chorégraphie, intitulée Minutiae.

Untitled (Black Painting), 1951

Par ses collages, Rauschenberg s’est détaché de l’art abstrait et a commencé à s’intéresser aux objets du quotidien qui sont venus envahir l’espace de la toile. alors que la majorité des artistes utilisaient ces objets pour en faire la représentation d’autre chose, lui les combinait pour que chacun d’entre eux garde son unicité. Le plus célèbre de ces « combines » est Monogram, combinaison d’un bouc empaillé, d’un pneu et de journaux d’époque.

Monogram, 1955

A la fin des années 50, il s’essaie au dessin de transfert (transfer drawing) pour illustrer le poème de Dante, Inferno, en combinant le texte grec avec des références actuelles prises dans des journaux. Les messagers célestes deviennent alors des astronautes, l’Enfer se peuple de voiture de course et la police anti-émeute devient le symbole des démons et des tourments qui peuplent l’Enfer de Dante. La rencontre entre ces références contemporaines et le texte de Dante permettant le renouveau du texte et l’examen de notre époque. Suivant en cela des artistes comme Andy Wharol, Rauschenberg se lance dans la sérigraphie avec toujours ce souci de multiplier les éléments et de croiser les références. Ces séries de sérigraphies vont le faire connaitre du public et en mars 1963 il fera l’objet d’une rétrospective au musée juif de New York.

Retroactive II, 1964

Parallèlement à son travail de peintre et de graphiste, Rauschneberg s’est toujours intéressé à la danse et il participe régulièrement à la confection de décors pour différentes pièces. Pendant toute la décennie 60, il devient chorégraphe et monte ces propres pièces dans lesquelles parfois il est amené à jouer. S’intéressant de plus en plus à la technologie, il participe au côté Robert Whitman et de Fred Waldhauer à la promotion des interactions entre art et technologie. L’installation Mud Muse exposé dans la salle 7 du parcours est un exemple de production qui est né de cette collaboration. Il s’agit d’une vaste étendue de boue où se crée à la surface grâce à des ultrasons des bulles d’air.

Mud Muse, 1968-1971

Dans les années 70, il revient à l’abstraction en recyclant des matériels qu’ils collectent ici ou là. Il travaille ainsi beaucoup avec le textile mais également le carton, combinant ces objets dans des peintures-sculptures abstraites. Ayant acquis une renommée internationale, il voyage à l’étranger (Cuba, Chine) et les créations qu’il compose alors font l’objet des deux dernières salles de l’exposition…

… pour ma part, j’ai décroché depuis longtemps. Je reconnais à l’exposition un important travail sur la présentation de cet artiste, dans la diversité de ses supports et de ses sujets. Par contre, le hic vient de ce que cette présentation, qui montre une réflexion et une intellectualisation sur la création artistique (et dans la remise en question des conceptions traditionnelles de l’art), contraste avec des oeuvres qui n’évoquent pas grand chose et laissent  de glace, ne me parlent pas.

Au moment où je visitais l’exposition sur Robert Rauschenberg, la turbine de la Tate Modern était investie par un artiste français Philippe Parreno et son installation Anywhen. Même si les explications accompagnant l’œuvre étaient davantage orientées sur l’aspect technique (et moins sur la portée intellectuelle de l’œuvre), j’ai été impressionnée par son travail. C’est la première fois que je vois l’espace de la turbine aussi bien utilisé que ce soit par les effets de lumière et par les effets sonores.  La première partie de l’installation (avant la pause de midi) était moins intéressante, par contre celle qui est présentée l’après-midi est très inclusive. Un grand moment.

Philippe Parreno, Anywhen, at the Tate Modern, vidéo de RyanYENDantes

 

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