David Hockney à la Tate Britain

L’autre exposition phare de ce début d’année 2017, autour d’un artiste chouchou du public anglais : David Hockney. L’exposition revient sur près de soixante ans de la carrière de cet artiste, depuis ses premières peintures jusqu’à ces travaux récents, en insistant sur la multiplicité des supports travaillés par ce dernier. Au vue de l’exposition, il semble que David Hockney ait toujours focalisé son travail sur la question de la représentation (de l’espace et du temps), et que se trouvant rapidement coincé dans l’univers en deux dimensions de la peinture, il ait cherché à en sortir en s’intéressant à la photographie ou à la vidéo dans le but de faire évoluer ces formes vers une plus large multiplicité des points de vue.

L’exposition est organisée de façon chronologique, à l’exception de la première salle qui présente des œuvres de cet artiste créées à différentes époques mais qui toutes s’intéressent aux conventions en matière de représentation. David Hockney s’amuse donc avec la perceptive, ironise l’art abstrait et défie l’opposition entre réalisme et illusion.

Rubber Ring Floating In a Swimming Pool, 1971

Les premières réalisations de David Hockney témoignent de son intérêt (et de son lien) avec les tendances artistiques de son époque. Ses toiles sont un mélange assez incongru entre abstraction, emprunt au graffiti et utilisation de codes et de textes écrits, l’ensemble se focalisant sur les thèmes de l’amour et du sexe. En quittant le Royal College of Art pour s’installer à Los Angeles, il s’éloigne de l’art abstrait et trouve une forme qu’il va garder de nombreuses années : la peinture de portrait d’hommes représentés dans le plus simple appareil dans des environnements quotidiens (piscine notamment). Ces toiles réutilisent les formes géométrique de l’art abstrait mais dans des univers extrêmement figuratif comme pour mieux montrer l’illusion des deux.

David Hockney, Peter getting out of Nick’s pool, 1966

La peinture de David Hockney évolue vers le naturalisme. Son principal intérêt devient l’homme qu’il dépeint souvent en couple dans un environnement clos le plus minimaliste possible. Son objectif est alors de peindre l’intimité et les relations complexes qu’entretiennent ces couples dans un travail d’observation minutieuse des visages. Approche qu’il va étendre à sa peinture de la transparence, du verre ou de l’eau, symbole des contrastes entre le dedans et le dehors, entre le naturel et l’artificiel. L’utilisation de miroir dans ces portraits ou de rideau rappelant constamment la problématique de la représentation.

My Parents, 1977

Se pose alors pour lui le problème du regard. Considérant que la photographie est imparfaite car elle se limite à un seul point de vue, il va chercher à conjurer ce défaut, d’abord dans la photographie en utilisant une multiplicité de polaroids pour les combiner ensuite dans un portrait en multi-vision, puis en utilisant un procédé analogue pour ces paysages. Avec toujours cet idée de l’artifice dans la représentation et son choix pour des sujets du quotidien et des approches intimistes.

Noya + Bill Brandt with Self-Portrait (Although they were watching this picture being made), 1982

A Closer Winter Tunnel, February – March, 2006

Si la réflexion est intéressante, à ce moment de l’exposition je trouvais que le résultat produit ne l’était pas forcément. Reste que David Hockney continua à expérimenter sur ces question de la multiplicité des points de vue et qu’à un moment il s’est intéressé à la vidéo. De là est né Four Seasons (2010), que je trouve magnifique et d’une simplicité désarmante. Cette vidéo immersive met en valeur le paysage changeant du Yorkshire, d’où est originaire Hockney. Chaque saison a été filmée avec neuf caméras installées dans une voiture et disposées de manière à ce qu’elle enregistrent le paysage comme si le spectateur se laissait conduire à travers les bois. Le montage assemble les neuf visions de ce paysage en mouvement mais en créant délibérément un effet de décalage, pour bien mettre en valeur cette combinaison artificielle de points de vue différents. Un bref aperçu. Une salle entière est consacrée à la présentation de cette œuvre, chaque mur accueillant une saison différente.

Les dernières salles relatent l’intérêt de David Hockney pour les nouvelles technologies, comme le dessin sur i-pad et toujours dans le cadre de son travail sur la représentation et la question des points de vue. Un travail en cours qui au vue des œuvres affichées dans ces salles n’a pas encore atteint son but, mais il est intéressant de voir cet artiste de 80 ans poursuivre assidûment son travail.

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