Fantastic Beasts and Where to Find Them de David Yates

Newt Scamander (Eddie Redmayne) débarque à New York, en provenance de Londres, une valise à la main remplie de bêtes fantastiques. Les douanes moldues américaines, pourtant en alerte, ne repèrent — évidemment — pas les animaux et Newt peut alors fouler tranquillement le sol américain. En chemin, il croise Mary Lou Barebone (Samantha Morton), une militante anti-magiciens, accompagnée de sa ribambelle d’enfants adoptés, Jacob Kowalski (Dan Fogler), un manœuvre qui cherche un prêt bancaire pour ouvrir sa pâtisserie et enfin Tina Goldstein (Katherine Waterston), une sorcière américaine. Pourquoi autant de rencontres ? C’est très simple : en écoutant Mary Lou Barebone, Newt n’a pas surveillé sa valise, un animal s’en est échappé et s’est réfugié dans la banque où Jacob attendait son prêt et Newt en voulant récupérer l’animal s’est fait repérer par Jacob et surtout par Tina. Et comble du malheur (mais habileté scénaristique), Newt a échangé sa valise avec Jacob et quand ce dernier l’ouvre dans son appartement d’autres créatures s’en échappent. C’est quand même pas de chance. 

Du Harry Potter avec des adultes et à New York ! Wouh-ouh ! De l’urban fantasy, de la vraie, et pas des trucs gnan-gnan pour ados ! Et en plus en film (et avec des gros, gros moyens), et donc on évite l’écriture indigente de Rowling ! Génial ? Non ? Non ? Ah, bah non…

Comme le scénario est écrit par J. K. Rowling (ah ! zut, loupé !), l’histoire de ces bêtes fantastiques, si elle se déroule dans l’univers d’Harry Potter transposé aux Etats-Unis, révèle une absence de prise en compte du lieu, et le plaquage de clichés (les images dorées des déserts américains étant un sommet) va bon train tandis que la réalisation, confiée à David Bates qui a précédemment réalisé pas moins de quatre adaptations d’Harry Potter, atteint des niveaux de platitude inqualifiables, le tout agrémenté d’une musique permanente aussi insipide qu’insupportable.

La particularité de ce film est donc qu’il cumule deux défauts majeurs : un scénario mal ficelé et une réalisation poussive. Côté scénario, J. K. Rowling part d’un événement à priori anodin  — la poursuite de bêtes échappées d’une valise — pour introduire un nouvel univers par le prisme d’un personnage le découvrant comme le spectateur. Alors il est difficile de dire si c’est Newt qui a du mal à comprendre les problématiques américaines concernant les relations entre les humains et les magiciens ou les difficultés actuelles liée à Gellert Grindelwald (magistralement interprété par Johnny Depp… ok, c’est une blague son apparition est un naufrage complet), mais en tout cas en tant que spectateurs, on ne comprend pas grand chose — mais c’est probablement dû au fait qu’on s’en fout royalement. Visiblement, il y a un grand conseil des magiciens, la magie doit rester inconnue des humains (et pourtant il y a des comités anti-magiciens), les Américains n’aiment pas les bêtes et encore moins les Anglais et la magie sombre incarnée par Grindelwald veut sortir de l’ombre et se révéler aux humains (sans que l’on sache bien pour quelle raison). Newt est venu en Amérique pour remettre dans son habitat naturel une magnifique créature et il y parvient après avoir couru après d’autres créatures présentes dans sa valise (mais pour quelle raison les a-t-il emmenées, mystère !).

Côté réalisation, les scènes sont tellement poussives qu’au montage les producteurs ont décidé de rajouter de la musique presque en continu. On suit donc des scènes d’action avec en fond une petite musique d’accompagnement particulièrement agaçante qui au lieu de la masquer ne fait que souligner la totale vacuité de la réalisation.  Les acteurs dans les Harry Potter jouaient très mal, mais alors là le jeu emprunté d’Eddie Redmayne, qui marmonne plus qu’il ne parle et qui interprète la timidité de son personnage en se courbant de façon excessive et en tournant constamment sa tête sur le côté, est le summum du ridicule et de l’auto-caricature. Du coup, on peut en déduire que non seulement David Bates est un mauvais réalisateur mais en plus il ne sait pas non plus diriger ses acteurs. Colin Farrell s’en sort assez bien mais Johnny Depp est juste affligeant dans la scène finale.

Des Fantastic Beasts 2, 3, 4 et 5 sont prévus, réalisés par David Bates et écrits par J. K. Rowling. Comment dire ? Ceci est… surprenant à tout le moins, car comment peut-on prévoir des suites quand on n’a pas réussi dans le premier opus à présenter quelque chose qui ne soit pas une merde sans nom ?

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