House of Cards d’Andrew Davies et de Paul Seed

Avant House of Cards, il y eut un House of Cards. En 1990, la BBC réalisa en effet une mini-série de quatre épisode adaptée d’un roman de Michael Dobbs. Le personnage de cette mini-série est Frank Urquhart (Ian Richardson),  chief whip des conservateurs au Parlement. Après la démission de Margaret Thatcher, et la victoire de son parti aux élections qui s’en sont suivies, sa succession est ouverte au sein du gouvernement. Frank Urquhart ambitionne de devenir le prochain premier ministre, mais ne compte pas parmi les favoris. En usant de ses relations, notamment avec une jeune journaliste du Chronicle, Mattie Storin (Susannah Harker), il va éliminer tous ses concurrents pour apparaître comme le seul candidat possible à cette position.

La série a connu un immense succès public et critique. L’acteur principal, Ian Richardson, a remporté de nombreux prix et s’est fait connaitre et apprécié du public par cette série. Certaines répliques sont entrées dans l’usage courant, comme cette fameuse réplique de Frank Urquhart « You might very well think that; I couldn’t possibly comment », réplique que John Major lui-même utilisa lors d’une session parlementaire en 1994.

Bien que prétendant se référer au roman de Michael Dobbs plutôt qu’à son adaptation par la BBC, Beau Willimon, le scénariste du House of Cards américain reprend à son compte toutes les dissemblances de cette dernière avec le roman. En effet, dans le roman, Mattie Storin n’a pas de conversations privées avec Frank Urquhart et encore moins une relation amoureuse. Elle n’est pas tuée à la fin du roman, c’est Frank Urquhart qui se jette volontairement dans le vide, enfin le roman est écrit à la troisième personne et à aucun moment le personnage de Frank s’adresse directement au lecteur.

Ce qui signifie que tout ce qui est faible dans les deux adaptations TV (anglaise ou américaine) à savoir la relation entre le politicien et la journaliste (encore plus improbable dans la version anglaise) et son meurtre par ce dernier ne sont pas dans le roman.  L’adaptation de la BBC a extrêmement vieilli et parait très ennuyeuse, notamment si on la compare avec celle de Netfix. D’autant que le coeur du récit (une guerre de succession) est pollué par des intrigues amoureuses sans intérêt comme si le seul spectacle des intrigues politiques ne suffisaient pas, ce qui parait absurde. Dans la version US, les scénaristes ont repris les grandes lignes de l’adaptation anglaise, en ajoutant, et c’est intéressant, le personnage de Remy Danton, un lobbyist d’une prestigieuse compagnie de gaz.

« Who’s your daddy? »

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