Paul Nash à la Tate Britain

Parallèlement à la rétrospective consacrée à l’artiste britannique David Hockney, la Tate Britain consacrait une assez courte exposition au peintre Paul Nash né en 1889 et mort en 1946, figure emblématique du surréalisme anglais. De ses débuts d’illustrateurs, proche des préraphaélites et de William Blake, jusqu’à sa découverte du surréalisme, la présentation de cet artiste évoquait plus particulièrement son approche symbolique des paysages, sa passion pour le vol (née pendant la guerre) et sa croyance dans le genuis loci, l’esprit du lieu qu’il liait presque essentiellement aux arbres. 

Les premières salles s’intéressent au travail d’illustration de Paul Nash, majoritairement des paysages influencés par la poésie et par l’expérience préraphaélite, paysages dans lesquelles un monde surnaturel semble émerger. Les arbres occupent une place centrale dans ces paysages, personnification de cet esprit du lieu qui poursuivra l’artiste toute sa vie.

Son expérience de la Première Guerre mondiale fait évoluer son travaux : il peint pour la première fois avec de la peinture à l’huile et simplifie ses formes dans la représentation de ces paysages, donnant à voir des espaces vidés de leur esprit, traversés de formes verticales ou horizontales, suggérant la violence du conflit.

We Are Making a New World, 1918

Par la suite, son travail garde sa spécificité géométrique, il est toujours question de paysages, mais Paul Nash s’intéresse aussi aux intérieurs, jouant sur le dehors et le dedans et sur les rapports entre des objets inanimés et des éléments organiques. A cette époque, il fonde le mouvement moderniste Unit One, regroupant des peintres, des sculpteurs et des architectes. Poursuivant ses recherches sur les objets inanimés, il se rapproche progressivement des idées surréalistes, des rencontres improbables entre des objets divers, par le collage ou l’assemblage.

Swanage, 1936

Parfaitement intégré dans le groupe des surréalistes, Paul Nash expérimente la description de paysages invisibles au monde parce que non perçus par le commun des mortels. Il intègre des objets pour « animer » ses peintures et leur donner un caractère dramatique. S’intéressant au concept de nuit et de jour, de réalité et de rêve, il tente par son travail de montrer la porosité de ses distinctions.

Landscape from a Dream, 1936-1938

L’irruption de la Seconde Guerre mondiale le ramène à ses thèmes favoris comme le vol, mêlant le réalisme de la guerre au surréalisme de ses paysages. A la fin de sa vie, il s’intéresse de plus au plus aux objets flottants, à la lumière, à la lune et à ses influences sur les paysages nocturnes.

Totes Meer (Dead Sea), 1940-1941

Personnellement, j’ai décroché après les deux premières salles, n’ayant aucun goût pour le surréalisme (et peinant à comprendre pourquoi ils ont toujours autant la cote que ce soit dans le domaine de la peinture ou dans celui de la littérature). Si ses premières recherches sur l’esprit du lieu étaient intéressantes, la suite l’est moins. En se rapprochant du mouvement surréaliste, j’ai trouvé que ces toiles perdaient en naturel et devenait des construction sans âme. A la fin de sa vie, et avec le retour de la guerre, Paul Nash revient à des paysages moins construit, et j’ai particulièrement aimé son tableau Totes Meer, la métamorphose de l’avion brisé en vagues et cette vision d’une mer de métal dans un contexte de guerre m’a parlé, contrairement au reste de ses créations.

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