Now You See Me 2 de Jon M. Chu

Retour en 1984. Le magicien Lionel Shrike va tenter, devant les caméras de télévision et sous le regard inquiet de son fils Dylan, de se libérer d’un coffre-fort plongé dans une rivière et où il a été enfermé pieds et poings liés. L’exploit est commenté par le debunker de la magie, Thaddeus Bradley (Morgan Freeman), qui prétend depuis le début de la retransmission que cette entreprise est vouée à l’échec. Quelques minutes plus tard, alors que Lionel Shrike n’est toujours pas réapparu à la surface de l’eau, son fils est évacué et les secouristes commencent à plonger pour récupérer le coffre-fort.

Retour dans le présent. Les Horsemen se sont tus depuis un an, depuis leur dernière prestation en fait et suivent à présent des chemins séparés. Ils se réunissent pourtant, à l’occasion d’un gigantesque show pendant lequel ils doivent dénoncer Owen Case, le directeur exécutif d’une compagnie appelée Octa et soupçonnée d’utiliser frauduleusement les informations personnelles de ses clients.  Mais alors qu’ils parviennent sans problème à saboter la présentation d’Owen Case, ils sont eux-mêmes pris à partir par une voix inconnue qui révèlent au public leur identité ainsi que celle de Dylan Shrike (Mark Ruffalo). Ils doivent fuir et se retrouvent piéger à Macau, dans les mains d’un autre magicien.

Si le premier Now You See Me était plaisant, sa suite est juste insupportable : survoltée, absconse, superficielle et pour tout dire fatigante à force. Même en cherchant bien attentivement (encore que), il n’y a rien à sauver dans ce film. Le scénario est un grand condensé de n’importe quoi, une construction inutile de scènes qui n’ont pas de rapports avec ce qui précède et qui en plus ne débouche que sur une vaste blague planétaire pour dénoncer un type dont on se fout depuis le début. L’ouverture sur le père de Dylan Shrike ne sert pas à grand chose, on sait maintenant que son père était un magicien et qu’il est mort tragiquement pendant l’une de ses performances, la belle affaire. Tout l’enjeu du film tient dans une carte mémoire sensée contenir un programme capable de récupérer les données personnelles de beaucoup de monde. Les Horsemen acceptent de la récupérer pour le compte de Walter Mabry (Daniel Radcliffe), ce qui nous vaut la scène inutile et bien longue de passage de la dite carte dans la salle ultra sécurisée où elle était stockée. Après les Horsemen envisagent d’utiliser cette carte pour dénoncer Walter Mabry (qu’ils sont malins), ce qu’ils finissent par faire lors d’un show inutile et bien long à Londres.

Beaucoup de scènes ne servent à rien et celles qui pourraient éventuellement servir à quelque chose manquent d’intérêt et surtout de magie. Car c’est bien là le nœud du problème, ce film ne conçoit la magie que comme quelque chose d’assez vulgaire, qu’il faut vite expliquer. Il en découle que les tours de passe-passe sont répétitifs, longs, souvent inutiles et assez rasoirs. La déception est donc d’autant plus forte que le premier film était plaisant et laissait même entendre, à la fin, à travers l’évocation d’une mystérieuse organisation, The Eye, que la suite filtrerait avec ce que signifie vraiment la magie, jouant sur la mince frontière entre le réel et le surnaturel. Dans cet opus, rien ne tient et à aucun moment, principe pourtant central de la magie, on ne suspend son incrédulité. Un troisième film Now You See Me est à l’étude, il sera réalisé par le même réalisateur. On espère que là c’est un tour de magie et que ce n’est pas vrai.

« Ta-da ! » La blague sur laquelle repose tout le film… Autant dire sur rien.

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