J’ai toujours ton coeur avec moi de Soffía Bjarnadóttir

A la mort de sa mère Siggy, Hildur hérite d’une petite maison jaune sur l’île de Flatey (en Islande). Elle a toujours entretenu des liens difficiles avec Siggy, une femme excentrique et bipolaire. Quittant la Finlande pour faire le voyage vers Flatey, Hildur entame son deuil : elle se souvient des moments pénibles avec sa mère, mais commence également à se souvenir des moments plus heureux. Presque naturellement, elle en a vient à repenser sa propre vie à l’ombre de celle de Siggy et à se rapprocher de cette femme à jamais disparue. 

Un roman court, qu’on qualifierait volontiers de « délicat », pour masquer en réalité sa superficialité. Alors certes cette histoire d’Hildur qui doit revenir sur les lieux de son enfance pour enterrer sa mère et se retrouve au passage propriétaire d’une maison qu’elle ne veut pas est touchante mais guère originale. Tout comme n’est guère original la description de cette mère bipolaire qui entretient des relations difficiles avec les autres, à commencer par sa propre fille ; ou ce choix de faire d’Hildur une reproduction de la mère, même maladie et même difficulté à élever un enfant ; ou le recours à la métaphore du voyage pour traiter de ce retour vers le passé, de ce mal de mer qui devient mal de mère (ha ha!).

L’auteur fait le choix de la suggestion en permanence : les personnages sont souvent évoqués (Siggy bien évidemment, mais aussi Pétur, le frère d’Hildur et enfin Tumi, son fils) ou à peine esquissés comme Kafka, l’amie de Siggy ou David l’amant d’Hildur. Dès le départ, il n’est question que de cette dernière, elle est l’unique personnage du roman, les autres ne sont que de vagues présences, mise à part Siggy. Quant au récit proprement dit, le passé d’Hildur et de sa mère est retracé par petites touches, de manière à ménager au lecteur la surprise finale : Siggy était bipolaire.

Beaucoup ont loué la délicatesse du roman, ils trouvent probablement leur compte dans la superficialité des personnages ou dans la futilité du récit, pour ma part je reste persuadée que ceci n’est qu’une pirouette habile pour masquer une incapacité à raconter par les mots le réel d’une mère bipolaire. L’auteur se contente d’une ébauche, comme un dessin à peine brouillonné. Son personnage dit vivre dans la honte depuis qu’elle a abandonné son enfant sauf que cette honte je ne la vois pas dans le récit, tout comme je ne vois pas vraiment la relation difficile entre ses deux femmes. Tout cela est évoqué dans le roman, mais en surface, ce ne sont que des mots creux.

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