Split de M. Night Shyamalan

La fête d’anniversaire de Claire (Haley Lu Richardson) se termine et son père par gentillesse décide de ramener chez elle, Marcia (Jessica Sula), la meilleure amie de Claire et Casey (Anya Taylor-Joy), une fille de leur classe. Cette dernière est un peu le mouton noir du groupe, invitée à la fête d’anniversaire plus par pitié que par sympathie. Sur le parking, tandis que les trois filles sont déjà installées dans la voiture, le père est abordé par un homme alors qu’il range quelque chose dans le coffre. On ne voit pas ce qui se passe à l’extérieur de la voiture, mais le visage décomposé de Casey quand la portière conducteur s’ouvre nous indique immédiatement que quelque chose ne va pas. L’homme prend la place du conducteur, asperge les deux filles à l’arrière du véhicule puis Casey à l’avant d’un gaz soporifique. Les trois jeunes filles se réveillent quelques heures plus tard dans un local sous terre. Elles découvrent alors que celui qui  les a kidnappées souffre de dédoublement de la personnalité. Le spectateur peut d’ailleurs le suivre dans ses séances chez sa thérapeute et apprendre qu’il a développé 23 personnalités différentes.

Un film assez ennuyeux, à la moralité douteuse et qui tente dans une pirouette traine-misère d’agencer une nouvelle trilogie. Le film en lui-même n’a que peu d’intérêt : les 23 personnalités de Kevin n’apparaissent pas à l’écran et seules 5 personnalités (Dennis, Barry, Hedwig, Patricia et « la bête ») de Kevin sont jouées par James McAvoy. La thérapeute incarne une tentative de discours savant autour de la puissance de notre esprit sur notre corps (et comment par l’esprit on peut modifier des propriétés physiques avec l’exemple de cet homme qui sous une identité était aveugle mais pouvait parfaitement voir lorsqu’il était un autre), un blabla scientifique dont le réalisateur est toujours aussi friand et qu’il dénature en explications mystiques derrière une pseudo réflexion scientifique. Le scénario quand à lui peut se résumer en une phrase : trois jeunes filles sont emprisonnées, elle vont donc chercher par tous les moyens à sortir. Le film devient donc une succession d’échecs dans ces tentatives de fuite, couronnées néanmoins par le succès de l’une d’elles.

Et c’est là qu’intervient la moralité douteuse. Parallèlement au récit du kidnapping, le spectateur peut découvrir l’enfance de Casey, par l’intermédiaire d’une série de flashbacks. On découvre alors qu’elle a été élevée par son père, que ce dernier est mort alors qu’elle était encore jeune et qu’elle a alors été confiée à son oncle qui abusait d’elle. Et c’est elle qui parvient à dompter la bête parce que comme le dit un admirateur du film « de la souffrance nait la force ». Un beau principe d’éducation qui ravira les plus progressistes d’entre nous. Et dire qu’Hollywood ne comprend toujours pas pourquoi les Américains ont voté Trump, il serait peut-être bon qu’ils réfléchissent aux valeurs qu’ils véhiculent dans leur film de divertissement grand public.

Et pour conclure, le film se raccroche tant bien que mal à Incassable (sorti  en 2000), en la personne de David Dunn (Bruce Willis) qui visiblement va s’intéresser à Kevin, surnommé par les journalistes couvrant l’affaire, la Horde, et qui n’a ni été tué par Casey ni été arrêté par la police. De quoi relancer la franchise Incassable pour un troisième film dans lequel Bruce Willis qui lui aussi a beaucoup souffert dans sa vie ira affronter la 24e personnalité de Kevin (si entre-temps, il n’en a pas développé une nouvelle). Tant d’originalité m’émeut.

J’aime beaucoup James McAvoy, mais depuis son rôle dans les X-Men, il ne fait plus rien de bien. Je suppose qu’il gagne beaucoup d’argent avec ces films de superhéros, mais alors quel gâchis artistique.

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