En mai, fais ce qu’il te plaît de Christian Carion

Hans (August Diehl) et son fils Max (Joshio Marlon) vivent en France depuis quelques mois, ayant fui l’Allemagne nazie parce que Hans était un militant communiste. Ce faisant passer pour des Belges, ils espèrent trouver un peu de quiétude dans un petit village du Nord de la France, près d’Arras.

Malheureusement, la France déclare la guerre à l’Allemagne en septembre 1939 et à l’approche de l’été 1940, les troupes allemandes envahissent le territoire français. Hans est alors arrêté par la police française et emprisonné à Arras ; son fils est confié à la jeune institutrice du village, Suzanne (Alice Isaaz). Paul (Olivier Gourmet), maire de ce petit village, décide d’appliquer les directives imposées par le gouvernement français avant guerre et enjoint ses concitoyens à quitter le village pour trouver refuge dans la ville de Dieppe où ils sont amenés à être cantonnés. A l’exception d’Albert (Laurent Gerra), tout le village suit Paul vers Dieppe, à commencer par sa femme, Mado (Mathilde Seigner). Devant l’avancée des troupes allemandes, les autorités françaises libèrent les prisonniers. Hans, accompagné d’un officier britannique Percy (Matthew Rhys), échappe aux Allemands et se rend au village pour retrouver son fils mais apprend alors grâce à Albert que l’ensemble des habitants fait route vers Dieppe.

Le scénario est signé de Christian Carion (Joyeux Noël, L’Affaire Farewell)) et la musique d’Ennio Morricone, on pouvait donc espérer quelque chose de regardable. Par contre, en découvrant le casting, on a soudainement très peur : entre Laurent Gerra, Mathilde Seigner et dans une moindre mesure Olivier Gourmet, on peut s’attendre au pire et on se demande ce que vient faire Matthew Rhys dans cette galère. Le scénario est dégoulinant de considérations médiocres sur le sort des Français pendant les évacuations de mai 1940 : vaincus mais dignes, solidaires dans cette période difficile, ces Français sont tous pour la plupart de simples hommes et femmes des campagnes, motivés par leur bon sens et leur attachement à l’intérêt général. Point de haine envers les Allemands, d’opinion politique sur le gouvernement et ses hésitations, pas même un mot critique envers un pays balayé en quelques semaines par une armée ennemie. Ces personnes semblent accepter leur sort avec résignation mais avec courage, mues par leur seule volonté de survivre. A peine voit-on quelques Français profiter de la situation pour vendre plus chère leur marchandise, seul comportement condamnable dans ce film, mais que voulez-vous, hein, faut bien vivre ma bonne dame.

La réalisation, portée par une musique assez larmoyante, se focalise sur des scènes tragiques comme la mort d’Albert, l’attaque du convoi ou les retrouvailles entre le père et le fils. Autant de moment dramatiques qui occultent l’événement historique auxquels ils sont pourtant liés. Et que dire de la maladroite mise en abîme de cette réalisation avec le personnage d’Arriflex (haha) qui filme la progression des unités allemandes en France. On est au niveau zéro de la réflexion sur l’utilisation des images par les Allemands, le réalisateur ne faisant aucun lien entre l’esthétisation nazie et son propre travail de cinéaste, aucune critique sur sa propre utilisation de clichés visuels (la jeune institutrice à vélo, la valse, l’oie et même la cave d’Albert) pour servir un propos consensuel sur ces événements. Tout cela est quand même un peu navrant de la part d’un cinéaste qui nous avait habitués à mieux.

 

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