Game of Thrones (saison 7) de David Benioff & D. B. Weiss

« Shall we begin? » L’hiver est enfin arrivé à Westeros, ce qui n’empêche pas la guerre à distance entre Daenerys Targaryen (Emilia Clarke) et Cersei Lannister (Lena Headey) de perdurer. La reine des dragons, installée dans l’ancienne citée de Peyredragon et entourée des Dothrakis, des Immaculés ainsi qu’une partie de la flotte des Greyjoy, veut, sous les conseils de Tyrion Lannister (Peter Dinklage), s’allier au Nord pour forcer Cersei à la reconnaître sans en passer par des affrontements sanglants. Cersei, quant à elle, est désormais la reine des Sept Couronnes et, pour conserver son titre, a fait alliance avec Euron Greyjoy, récupérant ainsi l’autre partie de la flotte. Au Nord, Jon Snow (Kit Harington) s’est fait proclamer roi du Nord, et doit à présent unir les armées de Westeros pour espérer vaincre l’armée des marcheurs blancs et son Night King. Alors que les Stark se retrouvent progressivement à Winterfell, Jon quitte son trône pour aller à la rencontre de Daenerys et conclure avec elle une alliance contre le Night King. Il laisse Sansa (Sophie Turner) à la tête de Winterfell, alors en proie aux divisions internes.

On sent que la fin de la série approche : les intrigues qui se démultipliaient à l’infini dans les saisons précédentes, laissant parfois le spectateur interloqué face aux familles de Westeros, à leur histoires passées et à leurs alliances de circonstances, laissent place à des faits simples voire simplistes. D’un côté la reine des dragons, de l’autre la reine des Sept Couronnes, et au milieu Jon Snow qui tente d’ajourner les querelles et d’unir tout le monde contre le Night King. Si on était méchant, on dirait qu’encore une fois le mâle va venir calmer les hystéries des deux gonzesses qui se battent pour un royaume déjà en partie perdu.

Moi, je dis, on marche une heure et c’est marre !

Alors que voit-on dans cette septième saison de Game of Thrones ? Beaucoup de scènes de confrontations verbales dans chaque camp pour décider de la stratégie à adopter. Des scènes un peu longues, souvent remises en cause dans l’épisode suivant et qui donnent l’impression que les scénaristes n’ont plus grand chose à dire sur les personnages et se contentent d’ajourner l’affrontement final, prévu en saison 8. Beaucoup de scènes de bataille, avec presque à chaque fois un deus ex machina des plus exquis. Mention spéciale à la scène dans les royaumes au-delà du mur, où notre cher et tendre Jon Snow se fait encercler avec ses camarades par une armée de zombies et là ce n’est pas un mais deux deus ex machina qui sauvent la troupe, la première fois grâce à l’intervention des dragons, la seconde grâce à celle d’un mystérieux (et éphémère) cavalier noir. On n’était pas habitué à autant d’happy ends. Et surtout beaucoup de plans sur les dragons. La production nous avait un peu sevrés jusque là, en ne montrant qu’un petit bout de dragon par ci par là. Cette fois, c’est le grand jeu, les dragons sont dans chaque épisode et les plans sur eux sont nombreux et conséquents.

Je propose un prix d’interprétation pour les dragons, seuls acteurs de la saison 7.

Que manque-t-il à cette saison ? Beaucoup de cohérence. Certains personnages se retrouvent après plusieurs années d’absence, ayant parfois cru à la mort de leurs proches qu’ils retrouvent soudainement dans cette saison et pourtant les scènes de retrouvailles sont monotones (visage en forme de surprise, yeux qui s’écarquillent mais tiraillés par la volonté de ne pas montrer ses émotions), à peine quelques mots prononcés (« beuh ? t’es pas crevé toi ? »), peu ou pas d’émotion et l’impression que les scénaristes ne veulent pas (ou ne peuvent pas) s’attarder sur ces moments. Les principaux protagonistes se déplacent souvent sur le territoire de Westeros ou au-delà, et ils le font avec une telle facilité que cela pose régulièrement des problèmes de crédibilité à tel point que les scénaristes ne semblent pas savoir ce qu’est une carte. Encore une mention spéciale à la scène dans les royaumes au-delà du mur où la petite troupe chemine dans ce qu’il parait plusieurs jours dans un froid intense pour se faire encercler par les zombies, le fait qu’un de leurs éclaireurs rentre en une heure à peine au camp pour donner l’alerte est pathétique.

« Nan, mais j’vois ce que vous voulez dire, hein, moi ça me déprime aussi ! »

Et puis cette saison est une saison riche en révélations : on y découvre, par exemple, que l’on peut nager dans de l’eau gelée en surface pendant plusieurs minutes avec une armure en retenant sa respiration. Mais oui. Et l’on découvre également que lorsque Jon Snow et ses joyeux drilles voient Daenerys et ses dragons arriver, ils n’ont pas la présence d’esprit de lui indiquer que « là, là, y’a les white walkers ! », laissant ainsi tout son temps à l’un des givrés de nous faire un lancer du javelot de toute beauté. C’est tellement nul que c’en est risible.

Bref, c’est le jour des soldes chez Game of Thrones et la liquidation totale arrive bientôt avec la saison 8 qui promet d’être particulièrement décevante. Morale de l’histoire : Game of Thrones, la série qui se voit uniquement après voir bien picolé, sinon c’est terriblement nul.

« Et en plus, c’est sans sexe cette fois-ci ! »

 

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