Nos dix meilleurs films de 2017

Ta-da ! Il est là comme chaque début d’année : le moment où nous dévoilons les dix meilleurs films.

Avant de passer au classement rappelons le principe : chacun de nous deux assigne une place à un film, de 1 à 10, la première rapportant 10 points, la deuxième 9, et ainsi de suite.

Précision importante, les films que nous classons sont ceux que nous avons vus en 2017, et donc certains peuvent être plus anciens, d’autres pas encore vus et probablement au futur classement.

Cette année, le classement fut à la fois difficile et facile. Difficile, car trouver dix films à récompenser fut ardu tant l’année cinématographique fut médiocre. Facile, car dans un océan de bof, les bons films se distinguent aisément.

Et donc sans plus tarder, en dixième position :

Rogue One, a Star Wars Story avec trois points, car même si le film était bancal et le scénario raté, l’histoire tenait tout de même la route et Rogue One représente ainsi une tentative de renouer avec des films à gros budget qui ont une certaine ambition (même si la promesse faite dans la bande-annonce avec la réplique ci-dessus ne fut pas tenue — au point d’être supprimée).

Pour la neuvième place, nous avons :

20th Century Women, avec six points : pour cette histoire simple qui offre une galerie de personnages, bien écrits, bien interprété.e.s, touchant.e.s et frappé.e.s.

A la huitième place,

120 battements par minute, avec sept points : ils sont beaux, ils sont plein de vie, et ils vont tous mourir. Un film qui nous rappelle la tragédie, peut-être moins de la maladie, que de la manière dont la société la traite.

A la sixième place ex aequo arrive…

Dunkerque, avec huit points, parce qu’au-delà de ce survival en 1940 somme toute classique et vaguement jingoiste, Nolan nous a montrés ce que c’était de filmer, ce que c’était du cinéma, notamment dans les scènes aériennes, grandioses, fondées sur la vision (ou son absence), et très posées. Du grand spectacle.

Autre sixième ex-aequo :

Premier contact (Arrival), avec… huit points, évidemment (vous suivez ou pas ?) : un autre film de cinéma, c’est-à-dire réalisé par un vrai cinéaste qui sait filmer, notamment les plans très larges, jouer de la musique, des scènes, des personnages pour créer une ambiance saisissante, malgré la petite faiblesse dans la cohérence du scénario.

En cinquième position, nous avons :

The Square, avec neuf points : la peinture satirique du milieu artistique engoncé dans sa suffisance pseudo-intellectuelle et boursoufflé de son sentiment de supériorité mâtinée de paternalisme bienveillant mais qui s’écroule face au moindre enjeu (profiter du buffet) ou à la moindre mise en danger de sa position sociale et donc qui contredit tout l’art qu’il prétend produire… est irrésistible.. mais trop longue (comme ma phrase).

A la quatrième place :

Blade Runner 2049, avec 14 points (où l’on voit un saut qualitatif en termes de points dans notre classement) : tout simplement parce que j’ai aimé alors que je tiens le premier Blade Runner pour l’un des tous meilleurs films et que faire une suite apparaissait comme une Très Mauvaise Idée™. Plus largement, parce qu’à nouveau Villeneuve démontre la qualité de sa cinématographie dans des plans à la fois directement inspirés de l’original mais auxquels il apporte sa touche et ses tonalités (l’ocre, le goût du plan fixe, encore plus que Ridley Scott) et parce qu’il a su adapter le rétrofuturisme à notre époque. Une prouesse.

Ouh-là, nous arrivons aux trois premiers. Le suspense est  à son comble, je propose de faire un petit break bouse hollywoodienne :

Ouh ! Tremblez devant les trois premiers, bande de mécréants !

Et, donc, maintenant que vous êtes encore plus rivés à vos chaises, la deuxième place ex-aequo est pour :

13th, avec 16 points, parce que, nous ne cessons de le répéter et de le réaffirmer sur ce blog, le cinéma est politique et qu’il doit donc redevenir une arme dans le combat idéologique actuel, le documentaire d’Ava du Vernay sur l’incarcération de masse des Noirs américains  est une dissection au scalpel du mythe américain de la Constitution et des fondements de l’exclusion. Un film puissant, qui met en colère, absolument nécessaire à l’heure de Black Lives Matter et dont certains cinéastes française devraient sans doute s’inspirer.

Autre deuxième place ex-aequo (et oui, c’est encore politique) :

La Sociale, avec (combien ? Vous suivez ou pas ?) 16 points : Gilles Perret signe son troisième film autour de l’oeuvre politique, sociale, culturelle de la Résistance et son deuxième sur la figure d’Ambroise Croizat, le père communiste de la Sécurité sociale. Parce que ce film, en 2017 (en réalité il date de 2016), en ces temps de destruction systématique de ce qui a fait que les résistants avaient trouvé leur raison de ne pas accepter, est un rappel indispensable, parce qu’il montre les logiques de cette casse à l’oeuvre, et parce qu’il nous met, là encore, en colère, La Sociale est un grand film.

Attention, attention, voici venu le moment tant attendu…

Mais d’abord, une petite coupure bouse hollywoodienne :

Vive le féminisme version Hollywood ! (Ou pas.)

Sans plus tarder, Ladies and Gentlemen, notre numéro un, our number one, the best of the best, est :

Le Caire confidentiel (titre tout pourri en français) avec 19 points : Ce film a réussi à allier le genre du polar, avec ses codes, y compris dans leur déclinaisons égyptiennes et cairotes, et un propos politique. Il est la définition que l’on se fait du cinéma : un regard acéré sur la société tout étant un divertissement, qui distille son propos, de manière intelligente, sans oublier qu’il est art ou, inversement, oeuvre d’art qui n’oublie pas qu’elle offre un regard sur le monde. Un modèle du genre et la belle découverte de l’année.

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