Etre moderne, le MoMA à Paris, à la Fondation Vuitton

C’était l’exposition à ne pas rater en cette rentrée de septembre et après une bonne heure d’attente pour entrer dans le sacro-saint musée de la Fondation Louis Vuitton, nous avons enfin pu nous initier à la problématique de la modernité, telle qu’elle a été mise en valeur et construite par le Museum of Modern Art de New York. Je déconne. Comme souvent la Fondation Louis Vuitton rassemble des œuvres cotées, les assemblent dans un vague parcours problématique, ici celui de la modernité, la tarte à la crème des problématiques actuelles avec celles concernant les Impressionnistes ou les filiations d’apprenti à maître (après Picasso et ses maîtres, Vermeer et ses maîtres…), et se fait de la publicité pas chère et une rentrée d’argent non négligeable. En même temps, il fallait pas y aller…

Reste que tout n’était pas à jeter dans cette exposition. Bon, on ne boude pas son plaisir de voir des œuvres inédites en France, mais ce n’est pas là l’intérêt de ce parcours. Non ce qui était vraiment intéressant concernait l’histoire du MoMA, de sa création jusqu’à nos jours. De quoi se rappeler (ou apprendre) que ce musée ne s’est pas intéressé qu’à la peinture ou à la sculpture européenne mais qu’il s’est ouvert à l’architecture, au design, au cinéma, à la photographie et à la danse. Qu’il a en outre été en résonance avec les mouvements politiques et contestataires qui traversaient les Etats-Unis, dans les années 60 et 70 notamment. Un lieu ouvert donc sur toutes les formes d’art et sur le monde. Le rôle des grandes familles new-yorkaises y est rappelé, notamment les Rockfeller (et plus particulièrement David), ce qui montre qu’il fut un temps où l’élite économique américaine favorisait véritablement l’art et sa mise à disposition hors de quelques collections privées, certes dans un cadre de charité publique via les fondations, mais qu’il ne s’agissait pas là pour eux que de faire encore un peu plus d’argent ou d’éviter de payer des impôts (Rockfeller payait 97% de ses revenus en impôts !) mais que cette idée entrait bien dans leur définition du libéralisme.

L’un des espaces présentant l’histoire du musée.

Enfin, qu’elle ne fut pas notre surprise, tout en fin de visite, de (ré)entendre les voix du Forty-Part Motet de Janet Cardiff. Nous avions découvert cette installation à l’abbaye de Fontevraud, un été. Il s’agit d’une installation spatiale et sonore, composée de 40 enceintes, chaque enceinte reproduisant la voix d’un choriste interprétant Spem in alium de Thomas Tallis. En se plaçant au centre de l’installation, on peut entendre l’ensemble des choristes, mais on peut également se déplacer et aller écouter une voix ou un ensemble de voix de son choix. L’expérience est unique : que ce soit en écoutant le disque chez soi ou en assistant à une représentation en concert, jamais en tant que spectateur nous ne pourrons reproduire l’expérience vécue ici. Le ré-entendre en fin de parcours à la Fondation Louis Vuitton nous a récompensé de l’attente et de la relative déception du reste. Voilà, on ne dira rien de plus parce qu’il n’y a vraiment rien de plus à ajouter sur cette belle entreprise de marketing.

 

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