Hauts-fonds de Dov Lynch

Décembre 1945. Joseph Still, un officier de l’armée américaine interroge Klem, un ancien policier autrichien sur les dernières années de guerre à Vienne. Revenu des camps, son certificat de dénazification en main, Klem a une nouvelle fois fui la capitale devant l’avancée des troupes russes. Face à cet américain qui l’interroge, Klem oscille entre silences et demi-vérités  pour raconter cette période d’errance le long du Danube, fuyant tout, vaincus comme vainqueurs, dans cette période de l’entre-deux, entre deux camps, entre deux zones, entre deux guerres. Chacun s’observe, soupçonne l’autre, les réponses et les questions laissant parfois trop entrevoir les motivations personnelles.

Hauts-fonds est le second roman de Dov Lunch, après Mer Noire. Il a essayé dans son récit de retranscrire cette période équivoque par le langage, en insistant sur la difficulté de rendre compte d’un quotidien dans un contexte où la parole s’exprime par bribes, par omissions et entretient volontairement la confusion.

Le roman n’est pas extrêmement agréable à lire, on a parfois l’impression que des mots manquent, qu’il y a tellement de non-dits dans cet interrogation, de part et d’autre, qu’on a du mal à prendre en main cette histoire, à y voir autre chose que d’habiles menteurs. D’autant que le narrateur est Klem et qu’il n’a pas l’intention d’en dire plus au lecteur, comme s’il se méfiait aussi de nous, de notre regard contemporain sur son expérience passée.

Difficile en conséquence d’aimer un roman qui parait larvée, rejet linguistique non consenti d’un narrateur contraint par un interrogatoire de se confier sur certains aspects de sa vie, à un officier qui ne parait pas digne de confiance. Surprenant. Pas très vendeur. Mais on ne peut pas reprocher à l’auteur son ambition. Un auteur surprenant lui aussi, son premier roman était écrit en français (Dov Lynch est un diplomate irlandais), celui-ci a été d’abord écrit en anglais puis réécrit par l’auteur en français.  Une langue qu’il dit maîtriser mal à l’écrit, mais qui lui offre plus de liberté. Va comprendre !

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