I Kill Giants d’Anders Walter

Barbara Thorson (Madison Wolfe) est une adolescente marginalisée dans son collège et même au sein de sa famille son comportement l’isole de sa soeur et de son frère, qui pourtant font des efforts pour la supporter. Mais voilà, Barbara vit dans son monde, un monde où elle croit être la seule personne capable de protéger son village de l’attaque de géants. Des géants qu’elle voit, qu’elle sait combattre grâce à ses armes magiques, des géants dont la présence lui coûte sa vie d’adolescente. Que ce soit sa sœur Karen (Imogen Poots), sa voisine et nouvelle amie Sofia (Sydney Wade) ou l’assistante sociale de son collège (Zoe Saldana), aucun n’arrive vraiment à communiquer avec elle et surtout à la faire sortir de son délire paranoïaque (elle se croit la cible préférée des géants, puisqu’elle est la seule à pouvoir les arrêter). 

Le film est adapté d’un roman graphique du même nom écrit par Joe Kelly qui en est le scénariste. A la réalisation, Anders Walter dont il s’agit du premier long-métrage.

Difficile pour moi de faire la critique de ce film que je n’ai pas aimé dès les premières minutes. Le personnage de Barbara m’était insupportable et la prévenance des autres personnages comme sa sœur ou l’assistante sociale me paraissait imméritée et pour tout dire douteuse. Je percevais bien qu’il y avait derrière cette histoire de géants, une réalité plus sordide, et me rappelant l’excellent Quelques minutes après minuit (qui aborde le même thème mais de manière plus complexe) et son adaptation au cinéma, je me disais que la mère était morte et que cela expliquait à la fois son comportement, le comportement étrange de l’assistante sociale (même si le personnage brille pas son manque de professionnalisme et n’est pas crédible une seconde) et le fait que Barbara ne veuille plus monter à l’étage de la maison familiale.

Bon, je suis pas tombée très loin, mais je ne vais pas spoiler le film. Peut-être que si je l’avais vu avant d’avoir lu Quelques minutes après minuit, je n’aurais pas réagi comme cela. Peut-être que le roman graphique est génial et que l’adaptation cinématographique est à la hauteur. Peut-être. Mais en ce qui me concerne et avec les souvenirs que j’avais, je n’ai pas pu apprécier ce film. J’avoue n’avoir pas été sensible aux oreilles de lapin…

— LN

Quelques mots pour contrebalancer : le film est effectivement bourré de maladresses, et le personnage de Barbara n’est pas suffisamment caractérisé pour qu’on s’y attache vraiment, ce qui fait que le spectateur a dû mal, à moins de se forcer à le vouloir, à voir cette histoire par ses yeux, non pas par défaut d’imagination (objection qu’on pourrait soulever), mais bien par manque d’empathie.

Pourtant, il y a quelques scènes qui marchent bien, notamment celle où Barbara se retrouve à l’étage de sa maison, dans sa chambre au lieu d’être dans son refuge dans la cave, et la peur qui s’empare d’elle soudainement. Pour le MJ de Changeling, on a là exactement la peur panique d’un changelin face à la Banalité. (D’ailleurs, on a également la représentation cinématographique d’un Trésor avec le fameux coquillage-marteau.) Un autre élément qui est bien vu est le personnage de la nouvelle amie anglaise débarquée dans cette petite ville côtière de la Nouvelle-Angleterre : elle s’attache à cette freak et devient son amie, cherche à la comprendre, mais il est vrai qu’on a du mal à voir pourquoi.

I Kill Giants est une histoire d’empowerment, comme disent les Américains, grâce à l’imagination, face à a tragédie de la vie. C’est un ressort scénaristique beaucoup utilisé ces derniers temps dans la fiction « young adult », et peut-être devenu à présent un peu trop stéréotypé. Je n’ai pas lu ni vu Quelques minutes après minuit, mais il semblerait que ce soit également le même ressort qui est utilisé (quoique avec plus d’intelligence). Or, en ce domaine, le précurseur est évidemment le magnifique et bouleversant Bridge to Terabithia (le roman datant de 1977 et son adaptation de 2007) où, pour le coup, le choix de deux personnages différents (qui sont en quelque sorte condensés en Barbara) fonctionnait très bien : le garçon nouvellement arrivé et la mystérieuse et très fascinante jeune fille qui l’emmène dans son imaginaire.  Ici, le personnage de Barbara, s’il est extrêmement intéressant, mène deux rôles contradictoires dans cette histoire, ce qui pousse les autres personnages à réagir de manière peu naturelle vis-à-vis d’elle.

Reste le point commun à toutes ces histoires : le lien entre les fées et la mort. Et rien que pour cela, cela vaut le coup d’être vu.

— Mathieu

(Dernière note pour les PJ de pooka : c’est hyper bien vu de porter ces oreilles de lapin, car cela permet d’assumer totalement son mien féerique derrière son aspect humain, et ainsi d’éviter la Banalité. Vive les modes qui viennent du Japon.)

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