Castle Rock de Sam Shaw et Dustin Thomason

L’émotion est vive à l’annonce de la mort par suicide du directeur de la prison de Castle Rock, dans le Maine. Sa remplaçante ordonne l’inventaire de tous les bâtiments de la prison et à cette occasion un jeune homme (Bill Skarsgård) est découvert dans une cache — fréquentée par l’ancien directeur — de l’un des bâtiments désaffectés de l’établissement. Interrogé le jeune homme ne donne qu’un nom : Henry Weaver.

Il y a quelques années, un jeune garçon a disparu soudainement dans Castle Rock. Son père adoptif, pasteur dans la ville, est retrouvé grièvement blessé, mais l’enfant est toujours introuvable. Alors que le père décède des suites de ses blessures, l’enfant réapparait aussi soudainement qu’il avait disparu et affirme ne se souvenir de rien.

Devenu avocat pénaliste au Texas, aussi loin que possible du Maine, spécialisé dans les affaires de condamnés à mort, Henry Weaver (André Holland) vient ostensiblement pour rendre visite à sa mère (Sissy Spacek) qui vit toujours à Castle Rock. En réalité, un mystérieux appel téléphonique l’a convaincu de revenir dans ce lieu qu’il croyait avoir laissé derrière lui pour de bon…

Adapté d’un roman de Stephen King , cette série lasse par son manque de cohérence (notamment les deux derniers épisodes qui sont incompréhensibles et achève de nous rendre hostile à la série), par ses problèmes de direction (la direction d’acteur est défaillante et il faut le talent individuel d’André Holland, de Sissy Spacek et de Scott Glenn pour tirer leur épingle du jeu là où Melanie Lynskey  et Bill Skarsgård sombrent dans une caricature de leur personnage) et par ses facilités de mises en scène (à grand renfort de bruits et de musique d’ambiance pas toujours des plus subtils). J. J. Abrams n’est que le producteur (l’un des producteurs d’ailleurs) de la série, mais pourtant celle-ci porte indéfectiblement sa marque… et donc tous ses défauts.

Et pourtant regardant la série, on s’imagine ce que quelqu’un comme David Lynch aurait pu en faire et on imagine également pourquoi elle est sans doute tirée d’un bon roman, car plusieurs scènes, plusieurs motifs sont très littéraires et très mal rendus dans leur mise en images et en scènes.

Reste l’épisode 7, mis en scène par Greg Yaitanes. Magnifique épisode qui suit les désordres mémoriels de Sissy Spacek, qui joue la mère d’Henry Weaver. L’actrice est magnifique et, pour une fois, la mise en scène épouse le point de vue du personnage avec sobriété et l’épisode se clôt sur une véritable état de grâce, souligné par la musique bouleversante de Max Richter, « On the Nature of Daylight ». L’épisode 7 surprend au regard de l’ensemble de la série et laisse songeur. Il y avait matière à faire quelque chose d’intéressant de cette ville de Castle Rock, au vu également des plans aériens sur la ville qui montre une ville de la Rust Belt en déréliction dont la désindustrialisation n’est que le symptome visible d’un mal plus profond qui la gangrène mais que ni les scénaristes, ni les réalisateurs ni les producteurs n’ont su donner à voir. Pour quelle raison la série est-elle à ce point mal fagotée et incohérente? Mystère… La réponse est sans doute « perdu » dans les méandres des conditions de production hollywoodienne.

Pour le plaisir de l’écoute :

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