Picasso Bleu et rose au Musée d’Orsay

Exposition réalisée conjointement par le Musée d’Orsay et le Musée national Picasso-Paris, visible jusqu’au 6 janvier 2019 et qui s’attache tout particulièrement à la présentation de deux périodes célèbres de la vie de l’artiste, celles qu’on a communément appelées les périodes Bleu puis Rose, en référence à la gamme de couleurs utilisée par Pablo Picasso (1881- 1973) à ces époques. Ces périodes se situent au commencent de la carrière de l’artiste, entre 1901 et 1904 pour la première (Bleu) puis entre 1904 et 1906 pour la seconde. L’objectif de cette exposition est de contester ce strict découpage des périodes, même si dans le parcours de l’exposition elles sont toutefois (et de manière surprenante) réaffirmées. 

L’exposition s’ouvre sur la présentation d’un tableau unique, la Femme à l’éventail, peint à l’automne 1905 par Pablo Picasso. Ce choix est justifié par l’ambition des commissaires de l’exposition de contester la dissociation des deux périodes, bleu et rose, pour montrer au contraire les liens entre l’une et l’autre, à l’image de ce tableau qui, se situant à la charnière entre les deux périodes, associe les deux gammes de couleur, le bleu du vêtement au rose du visage et des mains.

« Femme à l’éventail », automne 1905 ‒ huile sur toile

Malheureusement par la suite, le parcours de l’exposition va rétablir la dissociation entre les deux périodes, les salles 2 à 6 étant consacrées aux première toiles de l’artiste et à l’affirmation de son nom, puis viennent les salles 7 à 11 consacrées à la période bleue, qualifiée de funeste et expliquée presque exclusivement par la mort de Carlos Casagemas, ami de Picasso qui se suicide par dépit amoureux. Et pour finir l’exposition se clôt sur les salles 12 à 16 consacrées à la période rose, celle de la gaieté retrouvée, qui va progressivement dériver sur l’ocre, couleur annonciatrice des Demoiselles d’Avignon.  « Nu sur fond rouge » clôt le parcours et annonce la révolution géométrique à venir.

« Nu sur fond rouge », 1906 ‒ huile sur toile

Finalement non seulement le parcours de l’exposition est très classique (chronologique et périodisé), mais au fil des commentaires accompagnant les toiles, se recrée l’image romantique et un peu datée de l’artiste pauvre, vivant dans le plus profond dénouement, mais déjà entouré de figures intellectuelles de premier plan (comme Max Jacob ou Guillaume Apollinaire), n’attendant que la rencontre décisive qui le fera connaitre de tous. L’imagerie bohème fonctionne à fond, à un moment j’ai eu l’impression de me retrouver dans l’oeuvre de Clément Oubrerie et Julie Birmant, Pablo.

Alors certes, il y a des œuvres incontournables comme La CélestineL’Autoportrait peint par Picasso en 1901, La Vie ou encore Le Meneur de Cheval mais l’approche et l’ensemble du parcours de l’exposition manque un peu audace. On reste vraiment dans quelque chose de très classique, très en phase avec l’attendu du visiteur, je suppose.

Au même moment, le Musée Picasso-Paris propose une exposition sur les chefs d’œuvres de Picasso. Leur proposition de parcours est très différente de celui du Musée d’Orsay et l’approche est radicalement à l’opposé de ce que propose l’exposition Picasso Bleu et Rose.

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