Au Revoir là-haut de Pierre Lemaitre et Christian De Metter

Au moment de l’armistice du 11 novembre 1918, deux poilus, Albert Maillard et Edouard Péricourt, sont les témoins d’un événement tragique qui va lier pour toujours leurs destins. Le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, malgré l’ordre de faire cesser les combats, décide d’envoyer en reconnaissance des lignes ennemies deux soldats, au risque de réveiller le secteur.  Les deux soldats sont tués lors de cette mission, ce qui donne au lieutenant le prétexte pour lancer une dernière offensive. Pendant cette attaque, Albert Maillard et Edouard Péricourt retrouvent les corps de leur deux camarades et découvrent avec stupeur qu’ils ont été tués d’une balle dans le dos, tirée des lignes françaises, probablement par le lieutenant. Ce dernier comprenant qu’il va être démasqué tente de les tuer pendant l’offensive mais échoue, ce qui n’empêche pas Edouard de se faire gravement blessé par un tir de bombe et Albert de manquer de se faire ensevelir dans un trou d’obus. Ayant survécu ensemble, les deux hommes décident de rester compagnons après guerre mais se cachent, notamment Edouard qui ne supporte pas son visage de « gueule cassée » et refuse de retourner auprès de son père. Pour gagner de l’argent (et se moquer de l’élan patriotique qui secoue la France dans ces années d’après-guerre), ils décident de monter une escroquerie aux monuments aux morts pour se faire un maximum d’argent et mettre les voiles à l’étranger. 

Adaptation en bande dessinée du roman de Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut. Fait étonnant, c’est l’auteur lui-même qui prend en charge l’adaptation de son roman, Christian de Metter se chargeant des dessins.

Pour condenser l’histoire de son roman dans le format plus court de la bande dessinée, l’auteur fait de nombreuses ellipses et au final, pour quelqu’un qui a lu le roman, je trouve que la bande dessinée n’apporte rien, pire elle omet tout ce qui faisait l’intérêt du roman. On a l’impression de lire un résumé, pas toujours très bien fagoté. J’ai même du mal à comprendre comment un lecteur qui n’aurait pas lu le roman peut suivre l’histoire de ces deux poilus.

Quant aux dessins, mise à part celui de la couverture qui forcément accroche l’œil, je les trouve bâclés. Parfois les dessinateurs jouent sur le flou des formes ou des visages pour donner une impression chaotique ou fantasmagorique. Là j’ai l’impression que le recours à l’imprécision sur les corps ou sur les paysages n’a pas de justification au regard de l’histoire, c’est juste un trait caractéristique du dessinateur et cela nuit parfois / souvent à la lecture des images. Et que dire de cette répétition de « Baoum »!

Une dernière chose qui me surprend : j’ai l’impression que certains visuels de la bande dessinée ont été repris dans le film d’Albert Dupontel, comme le visage de Louise. Cela s’explique probablement par la participation de Pierre Lemaitre à l’adaptation de son roman en bande dessinée et en film, mais à un moment je me suis quand même demandé si Albert Dupontel n’avait pas lu la BD plutôt que le roman.

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