Nos cinq bandes dessinées préférées de 2018

Voici dont les cinq BD qui nous ont le plus ravis, étonnés, surpris parmi toutes celles que nous avons lues l’an passé (peu importe leur date de publication). Un constat d’ensemble s’impose : la profusion de publications fait qu’on a l’impression de passer à côté de beaucoup de pépites qui sont moins diffusées, notamment hors des grosses machineries éditoriales. Heureusement, notre librairie préférée, Bulle, en regorge. Et puis il y a une chronique BD dans L’Humanité qui est une vraie mine…

5e ex-aequo : L’homme gribouillé de Serge Lehman & Frederik Peeters. Malgré quelques fragilités narratives, l’ambition de proposer un récit qui cherche à provoquer le réenchantement en faisant ressortir l’épaisseur mythique sous la réalité est à saluer. On aurait aimé un récit plus ample, et une fin plus développée.

5e ex-aequo : Les Voyages d’Ulysse d’Emmanuel Lepage, Sophie Michel & René Follet. Une réécriture d’Homère dans la Méditerranée du XIXe siècle sous forme de réflexion sur l’art et la filiation. Splendide.

4e : La Croisade des innocents de Chloé Cruchaudet. Un Moyen Age onirique et cruel vu par le regards d’enfants dans un périple mythique. Une revisitation d’un épisode obscur pour sonder comment naissent les légendes et interroger la religiosité populaire dans des tons pastels froids où éclatent soudainement la chaleur des ors christiques et la luminosité angélique. Envoûtant et dérangeant à la fois.

3e : Terra Australis de Laurent-Frédéric Bollée & Philippe Nicloux. Un récit magistral tant par ses multiples fils narratifs que par sa documentation qui permet de mettre en images l’histoire de la naissance d’un projet aussi absurde qu’une colonie pénitentiaire au bout du monde par la monarchie anglaise qui se prétend la plus civilisée. Extraordinairement réussi.

1er ex-aequo : La Malédiction de Gustave Babel de Gess. Bande dessinée hallucinée, plongée hypnotique dans les réminiscences baudelairiennes d’un esprit qui sombre dans le néant, récit baigné de mythologie urbaine, de Paris au Caire en passant par les champs de bataille de la Grande Guerre et les campagnes indolentes anglaises — ce premier tome des « Contes de la Pieuvre » est un bijou littéraire et graphique qui hante longtemps le lecteur.

1er ex-aequo : My Favorite Thing Is Monsters d’Emil Ferris. Lorsqu’une prouesse graphique permet de raconter les aventures de Karen, jeune fille de 10 ans  dans un quartier populaire du Chicago de 1968 qui se rêve en monstre et qui enquête sur la mort de Mme Silverberg, sa voisine, découvrant qu’elle fut une rescapée de la Shoah, le tout en restant à hauteur d’enfant et en tenant un propos difficile sur l’identité sexuelle, l’art, la peinture notamment, et comment elle hante la psyché, l’imaginaire, la famille, tout en montrant la difficulté à s’extraire de sa condition, on ne peut qu’attendre le deuxième tome avec impatience.

 

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