Never-Ending Man : Hayao Miyazaki de Kaku Arakawa

Dans ce documentaire sur le maître Hayao Miyazaki pour la télévision publique japonaise, le réalisateur a suivi le célèbre cofondateur du studio Ghibli, pendant deux ans, entre 2015 et 2016. Après Le vent se lève, Hayao Miyazaki avait annoncé sa retraite définitive du studio Ghilbi, le documentaire commence d’ailleurs par des plans sur les bureaux vides et un homme vieillissant, Miyazaki, qui vient régulièrement au studio, pour prendre un thé, discuter, errer dans le bâtiment sans but réel. Puis vient le moment où Miyazaki décide de réaliser une dernière fois un court-métrage, sur une chenille, visible uniquement pour les visiteurs du musée Ghibli et souhaite pour l’aider dans son projet s’associer à un groupe de jeunes spécialistes de l’image de synthèse. Lui qui a toujours préféré le dessin à la main plutôt que l’image de synthèse (sauf pour Chihiro) décide une fois retraité de redonner sa chance à cette technologie, parce qu’il pense être passé à côté…

… sauf que très rapidement, Hayao Miyazaki est déçu par le rendu des images de synthèse, il multiplie alors les dessins à la main, détaillant à l’excès l’animation des images, ce que doit être le mouvement, etc. Puis vient le moment où l’idée du court-métrage ne suffit plus, il décide de s’engager dans un long-métrage, mais fait de dessin à la main.

La chenille Boro aura donc un long-métrage « à l’ancienne » et une sortie en salle cependant on ne sait pas si l’équipe de programmeurs recrutés pour le court est associée au nouveau projet et si ce long-métrage va mêler images dessinées et images de synthèse.

Qu’importe finalement pour le réalisateur qui lui s’attarde sur les hésitations de Miyazaki, sur ses tracas. Le documentaire nous montre un homme qui n’arrêtera jamais, qui ne croit pas vraiment à la beauté des images de synthèse, notamment parce qu’il ne conçoit pas un dessin qui ne soit pas l’expression d’une pensée humaine et une imitation de la nature née d’une observation fine de son fonctionnement. Un homme intraitable dans son travail, qui ne supporte pas l’échec, la demie-mesure ou un travail juste correct.

C’est le portrait d’un artiste profondément humaniste et donc emprunt d’amour pour son environnement (mais tout l’environnement : qui n’oppose pas l’homme à la nature, même s’il interroge constamment la dialectique qui unit ces deux entités). Une scène est à cet égard un condensé de l’approche de Miyazaki : alors qu’il assiste à une présentation par des jeunes techies d’un studio d’animation de synthèse, Miyazaki se focalise sur la souffrance du monstre-humain difforme qui évolue sous ses yeux. Il leur demande alors pourquoi ils ont choisi de représenter cela, ce qui laisse les geeks quelque peu interdits avant de répondre qu’ils l’ont fait pour montrer les possibilités offertes par leur technique. Miyazaki s’indigne alors et, dans une posture sans doute quelque peu surjouée, leur fait savoir qu’il est révolté par l’idée de représenter ce type de souffrance sans se poser la question de ce qu’elle exprime ou de son origine.

On n’apprend donc rien de nouveau sur lui. Il est tel qu’on pouvait se l’imaginer, tel qu’on l’avait perçu dans ses films. Reste le plaisir de le voir dessiner et créer ses univers. Le documentaire s’arrête en 2016 quand le projet de long-métrage se confirme. Miyazaki sort alors de sa retraite, il n’est donc plus question de le filmer.

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