Glass de M. Night Shyamalan

David Dunn (Bruce Willis), aidé de son fils, traque depuis plusieurs semaines un tueur en série qui s’en prend à des groupes de jeunes filles. Il ne connait pas l’identité de cet homme mais sait que ce dernier est comme lui un super héros, ou plutôt un super vilain que la presse a surnommé la Bête, compte tenu des cadavres déchiquetés qu’il laisse sur son passage. En combinant les informations que son fils a glanées auprès de la police, il identifie un périmètre dans lequel doit résider le tueur. Cette zone, composée principalement d’usines abandonnées, est le lieu idéal pour enfermer ses victimes avant de les tuer. David se rend sur place, parvient à identifier le tueur et à le suivre dans son repaire. Mais alors qu’il est tout prêt de mettre un terme à son errance, il est capturé par la police. A son réveil, il comprend qu’il a été transféré dans un hôpital psychiatrique, avec Kevin Wendell Crumb (James McAvoy) alias la Bête. La docteure Ellie Staple (Sarah Paulson) lui explique alors qu’elle mène une expérimentation pour soigner les personnes délirantes qui pensent être des super héros, qu’elle a commencé son traitement sur Elijah Price (Samuel L. Jackson) et qu’elle compte bien le poursuivre sur lui et Kevin.

Ainsi se termine la trilogie amorcée par Incassable en 2000 et par Split en 2016. Tout ce qui faisait l’originalité d’Incassable disparaît pour laisser la place à une banale histoire de super-héros, avec ce qu’il faut d’éléments secondaires pour éventuellement relancer une nouvelle franchise.

Là où Incassable jouait sur l’ambiguïté des capacités des personnages, là où le scénario et le jeu des acteurs maintenaient la possibilité que ces derniers ne soient pas des super-héros mais simplement des hommes aux capacités spectaculaires (par leur force ou leur intelligence) ou des purs schizophrènes, Glass tranche et affirme sans l’ombre d’un doute que ce sont bien des super-héros. Tout le film est construit autour de cette révélation, voulue par Mr. Glass qui depuis le début souhaitait que le monde dans son ensemble connaisse l’existence des super-héros et de leurs pendants, les super-vilains.

Mieux, la docteure appartient à une organisation secrète qui depuis des lustres veut cacher l’existence de ces monstres qui perturbent par leur existence et par leur équilibre (pour chaque héros né, un vilain est aussi crée) le monde des humains. Sa présence valide l’ensemble de la trilogie, de manière un peu facile, et surtout elle permet une éventuelle nouvelle franchise autour de cette société secrète. A moins qu’il ne cherche à développer le personnage de Casey (Anya Taylor-Joy).

Le réalisateur, pour imposer cette fin pour le moins rocambolesque, passe sous silence les crimes commis par la Bête. Cette dernière est pardonnée par Casey qui prétend alors ressembler à la Bête qui obtient presque le salut de son âme dans le sacrifice qu’elle consent au projet de Glass. Les réseaux sociaux propagent la bonne nouvelle, dans une scène finale assez pitoyable.

L’ensemble du film est ennuyeux, le scénario tient en une phrase et n’a de valeur qu’en ce qu’il permet d’éventuelles suites (en acceptant au passage quelques accommodements), la réalisation est banale voire poussive. Bref, il n’y a plus rien de ce qui faisait la « petite » originalité de Shyamalan. Il est devenu un réalisateur quelconque, qui répète ses gimmicks et cède à la facilité.

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