Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald de David Yates

Gellert Grindelwald (Johnny Depp) a été arrêté à New York, il est à présent emprisonné sous la tutelle du ministère américain de la magie. Mais son équivalent anglais veut extrader Gellert pour qu’il réponde des crimes commis à Londres. Le transfert est donc organisé entre les deux pays, mais malgré les nombreuses précautions prises pour assurer la sécurité du transfert, Gellert parvient à s’échapper grâce à la complicité de ses proches. A Londres, le ministère de la magie est immédiatement informé de son évasion et lance ses meilleurs magiciens à sa poursuite. Ils veulent d’ailleurs recruter Albus Dumbledore (Jude Law) mais ce dernier refuse, ne voulant pas pour une raison mystérieuse s’en prendre à Gellert. Il n’en reste pas moins actif et recrute Newt Scamander (Eddie Redmayne) pour arrêter la machination de Gellert qui, d’après ses renseignements, doit être à Paris pour retrouver Credence Barebone (Ezra Miller). Alors qu’il avait refusé la même mission proposé par le ministère de la magie, Newt accepte la proposition d’Albus, dans l’espoir secret qu’en plus de capturer Credence avant Gellert, il va pouvoir renouer avec Tina (Katherine Waterston).

Suite du premier volet des animaux fantastiques, après le médiocre Fantastic Beasts and Where to Find Them, adaptation d’un bestiaire écrit en 2001 par J. K. Rowling, dont l’objectif était avant tout de développer certains aspects de l’univers d’Harry Potter (dans la même veine, elle a écrit un livre sur le Quidditch), ce qu’elle ne pouvait pas toujours faire dans les romans. A priori le bestiaire ne pouvait pas être adapté à l’écran, et pour cause, il n’y a pas d’histoire, mais le pouvoir de l’argent étant passé par là voici donc une histoire peu originale greffée tant bien que mal sur l’univers d’Harry Potter, avec ici ou là quelques bestioles pour rappeler l’origine livresque. Ne cherchez donc pas les romans, ils n’existent pas. J. K. Rowling qui se disait il y  a quelques années peu intéressée par le cinéma est à présent associée aux adaptations de ses livres et pour ce qui est de la franchise Fantastic Beasts, elle est au commande du scénario.

Un scénario qui rappelle énormément la saga Harry Potter, avec les mêmes affrontements entre forces du bien et forces du mal, avec les mêmes questionnements sur les relations entre le monde de la magie et celui des humains et les mêmes problématiques sur les sangs mêlées et les sangs purs. L’intérêt du public pour cette nouvelle saga visuelle tient avant tout au personnage de Dumbledore, personnage central de l’univers d’Harry Potter. Pour le reste, à savoir les agissements de Grindelwald ou les mimiques de Newt ils ne sont là que pour occuper le temps. Et ils l’occupent fort mal.

Quant à la réalisation, ultra-poussive, elle ne parvient même pas à conserver un soupçon de magie dans cet univers qui pourtant devrait en déborder.  David Yates a su mieux faire lors de la sage Harry Potter, notamment en filmant notre bande d’ados désoeuvrés, habillés comme tels, errant dans des cafés déserts ou dans des jardins d’enfant abandonnés, parvenant donc à créer une certaine atmosphère d’ennui adolescent dans un milieu d’urban fantasy.  Ici, les sortilèges deviennent des gimmicks cinématographiques et les créatures fantastiques deviennent banales. C’est laid, c’est lent et c’est illisible (lorsqu’il y a des scènes d’action, la scène d’évasion de Grindelwald étant un exemple hideusement flagrant).

Si on pouvait être attendri par les atermoiements d’adolescents dans un univers fait de magie et de tradition purement anglaise, la transposition de cette recette (un peu éculée il faut bien l’avouer) dans un mode adulte est juste pathétique. On a envie d’étrangler Eddie Redmayne à chaque fois qu’il penche la tête. La représentation des sentiments humains par Hollywood devient même préoccupante de niaiserie immature. Est-ce bien là le modèle que le cinéma veut montrer ? Johnny Deep est un méchant inintéressant, à l’inverse de Celui dont il ne fallait pas donner le nom qui avait au moins le mérite de cumuler apparence hideuse et génie diabolique. Johnny Deep fait pitié, on a presque envie de dire aux autres protagonistes de le laisser faire, il parait pas bien méchant et il  a l’air déprimé, menacer le monde doit lui faire du bien.

Et surtout, on apprend rien de bien fameux sur Dumbledore.  Donc s’infliger un film aussi long, avec des scènes et des dialogues aussi tartes, le tout autour d’un scénario qui n’est qu’une pâle copie des précédents Harry Potter dépasse l’entendement. Reste que cet univers d’Harry Potter a marqué, et il n’est pas certain qu’on ne se laisse pas capter par le troisième film, sachant pertinemment qu’il sera nullissime, dans l’espoir (vain) d’apprendre quelque chose sur le grand Dumbledore. Mais quoi, on se demande ?

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s