Jeunes artistes en Europe, les métamorphoses à la Fondation Cartier pour l’art contemporain

Jusqu’au 16 juin 2019, la Fondation Cartier ouvrait ses portes à de jeunes artistes, confirmés ou moins confirmés, venus d’Europe et réunis en ce lieu sous la thématique de la métamorphose. L’exposition est l’acte final d’un projet mené pendant un an par l’équipe de la fondation pour aller au contact des jeunes artistes européens. 200 artistes ont été ainsi repérés sur un ensemble de 29 pays. L’exposition est recentré sur 21 d’entre eux, issus de 16 pays, nés entre 1980 et 1994. Ils sont peintres, sculptures, désigner ou vidéastes. Le parcours de l’exposition se découpe en trois parties : au rez-de-chaussée les questions d’architecture autour de la notion d’espace partagé, à l’étage inférieur la figure humaine et l’intime puis dans la dernière salle le surnaturel et le monde animal.

L’inconvénient de ce genre d’exposition tient dans la profusion d’artistes exposés. Le visiteur passe d’un artiste à un autre, d’un mode artistique à un autre, certaines œuvres lui parlent, d’autres moins, difficile dans ces conditions de dire si on a apprécié l’intégralité de l’exposition, en revanche on peut ici ou là découvrir un artiste et surtout repérer des tendances.

Parmi les tendances les plus frappantes à mes yeux se trouve le recyclage : Hendrickje Schimmel récupère des fripes pour en faire de nouveaux vêtements, Kostas Lambridis travaille de multiples matériaux (certains de récupération) pour reconstituer le Badminton Cabinet, un meuble monumental du XVIIIe siècle, Nika Kutateladze démonte et remonte de vieilles maisons rurales en bois, Marion Verboom recycle des morceaux de statues d’origines différentes pour en recomposer de nouvelles, Kris Lemsalu façonne des créatures hybrides à partir de matériaux de recyclage, Formafantasma, un groupe de designers italiens, recycle du matériels industriels (ordinateur, machine à laver, micro-onde, etc.) pour en faire des meubles. J’ai particulièrement été impressionné par le travail de Formafantasma. Leurs créations s’accompagnent du vraie réflexion sur les déchets industriels.

Tous ses artistes s’inscrivent dans une continuité : ils évoquent tour à tour les sculptures antiques, les caricatures anglaises de l’époque moderne, le bestiaire médiéval et y intègrent les technologies actuelles comme la 3D, l’univers des jeux ou la vidéo. J’ai trouvé amusant (et pour tout dire révélateur) qu’un artiste anglais comme Charlie Billingham ré-emploie des caricatures qui me rappellent celle de Gillray dans son travail.

J’ai été moins réceptive aux créations vidéo. Jonathan Vinel réfléchit à la dimension artistique des scéniques dans les jeux vidéos et à la frontière poreuse entre ces petites créations et le 7e art. Même si je trouve sa réflexion intéressante, son film ne m’a pas convaincu. Le film de John Skoog, Federsee, m’a davantage parlée car il évoque d’anciennes traditions locales autour du carnaval, que je connais mieux que l’univers des jeux vidéos.

 

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