Avengers : Endgame de Anthony et Joe Russo

Après avoir réuni les pierres d’infinité, Thanos (Josh Brolin ) a fait un geste salutaire en éliminant 50% de la population mondiale et … Spiderman (Tom Holland). On pouvait donc espérer une fin définitive ou, à défaut, craindre un énième reboot. Que nenni, la team des Avengers n’est pas contente, ils ont perdu et les super-héros ne peuvent pas perdre. Ils ont donc une brillante idée, forcer Thamos à effacer ce qu’il a fait ou à défaut remettre la main sur les pierres pour le faire à sa place. Malheureusement, Thanos n’est pas la moitié d’un imbécile et il a judicieusement fait disparaître les pierres. Thor, dans un geste aussi ridicule que vai,n le tue, mais cela ne change rien à l’histoire, ce qui a été fait ne peut pas être défait. Fin du film. A peine trente minutes. Parfait.

Ah ben non, il reste deux heures trente ! Oups.

Après cinq années d’amères réflexions pendant lesquelles Iron Man (Robert Downey Jr.) est devenu père (logique il a du temps à perdre et 50% de population à combler), Thor (Chris Hemsworth) est devenu un alcoolique bedonnant, Hawkeye (Jeremy Renner) un justicier qui s’en prend au 50% de la population encore en vie, alors que Captain America (Chris Evans) participe à des réunions type Alcoolique Anonyme et Natasha (Scarlett Johansson) surveille l’univers en mangeant des sandwichs au beurre de cacahuètes, déboule Antman (Paul Rudd ) et son idée de génie. En utilisant de manière complètement erronée les principes de la physique quantique et en faisant une référence foireuse à Back to the Future, les Avengers pensent pouvoir revenir 5 ans en arrière mais pas pour changer le passé (parce que cela pourrait altérer le futur) mais uniquement pour récupérer les pierres et empêcher Thanos de mener à bien son dessein, ce qui concrètement revient au même. Mais, pouf, pouf, c’est pas grave on s’en fout, on tient une idée coco, alors c’est parti, on va pouvoir justifier tous les reboots après ça !

Le film est très long et très laborieux. Dire que le scénario repose sur du n’importe quoi scientifique n’apporte rien, le film ne veut pas être réaliste ou simplement plausible, il veut divertir.

Et c’est bien là que le bas blesse. Dès que la narration sort des scènes d’affrontements et se consacre à des scènes de discussion ou de relations entre les personnages, on frôle le ridicule. Et surtout on plonge dans l’ennui absolu. Les retrouvailles entre Ironman et Pepper sont très mal jouées, les conversations entre Natasha et Captain America puis entre Natasha et Hawkeye sont bourrées de clichés et très pesantes à l’écran, Thor qui imite le Dude est juste navrant, et  Antman qui prend des airs de McFly, on est presque désolé pour lui. Le pire est peut-être Hulk qui devient dans ce film l’idiot gentil , qui fait des blagues nulles et devient l’empoté de service. quant à Pepper et son compostage, on pourrait trouver ça mignon si l’actrice ne se faisait des millions en vantant des techniques et des produits bidons (et dangereux pour la santé) au prétexte de faire du bio.

« Si tu postes ça sur les rézosocio, surtout préviens-les : oui, oui, on vous prend pour des buses. »

Quant au scénario, à l’histoire proprement dite, hé bien elle est tellement haletante que le boggan s’est endormi devant. Littéralement. Mais, pas découragé, et motivé par de sombres desseins (on y vient juste après), il a voulu revoir le film. Et en fait, la découverte fut totale. Aucun souvenir ne subsistait. Cette seconde vision avait le goût d’une première. La raison en est simple : les films Marvel sont devenus tellement insipides que c’est comme le McDo, tu es gavé quand tu les regardes, mais ensuite tu les oublies aussitôt ; il est même impossible de s’en souvenir.

Alors quand France Culture y voit l’apothéose d’une saga comparable à Wagner ou à Proust, fustigeant l’élitisme supposé du reste de la critique, cela laisse songeur. Et ce n’est pas que l’on ne comprend pas ces films parce qu’on serait décalés, non, non, pardon mais chez les boggans, la culture geek, on se vante de la connaître un tantinet, nan c’est juste parce que c’est naze. Cinématographiquement, c’est pourri, ; en termes de jeux d’acteurs et de réalisation, c’est plat ; sur le plan de la narration, c’est le vide ; et pour ce qui est de la saga, ça tourne en rond depuis le début.

« Oh regardez, une idée d’un scénariste ! Ah, non, non, au temps pour moi… »

 

Alors, pourquoi un tel succès ? Hé bien oui, sans doute l’ambition de proposer une saga est-elle pour quelque chose, oui le public a besoin de fictions et, faute de mieux, consomme-t-il celle-là, à l’instar, disais-je, du McDo. C’est pas bon, mais les additifs font que l’on y revient (nous y compris), même si on en sort écoeurés à chaque fois. Et puis comme c’est parfaitement calibré et marketé, comment l’éviter ?

Mais le pire dans tout cela, c’est que la franchise Marvel a fait du monde des super-héros l’espace d’une fantaisie puérile et rétrograde. Des beaufs qui véhiculent des valeurs surannées (travail, famille, patrie) tout en se donnant un look smart et progressiste. Cela fait longtemps sur ce blog que l’on tente de réfléchir à ce que Hollywood fait à l’Amérique. La réponse, encore et toujours, est la même : elle fait l’Amérique de Trump. Ca fait vomir, mais on continue d’être fascinés.

 

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