Nous les arbres à la Fondation Cartier pour l’art contemporain

Reprenant l’idée qui avait fait le succès du Grand Orchestre des animaux organisée à la Fondation en 2016 et qui réunissait autour d’une même thématique, celle des animaux, artistes et scientifiques, avec pour point central le travail du bio-acousticien, Bernie Krause, la Fondation propose cet été (et jusqu’au 10 novembre) une exposition sur la thématique des arbres réunissant également artistes et scientifiques. Le principe reste le même, autour de cette thématique, un dialogue se noue entre approche scientifique et approche artistique dans le but de faire prendre conscience au visiteur de l’importance de ces entités, tant dans la biodiversité que dans le lien qu’elle peuvent créer avec l’être humain et que des artistes et des scientifiques s’emploient à révéler et  à expliquer. La précédente exposition sur les animaux avait été une merveille, notamment grâce à la présentation du travail de Bernie Krause. Fort de ce souvenir, l’exposition sur les arbres semblait l’exposition incontournable de cet été à Paris.

Hélas, trois fois hélas.

L’exposition est globalement très décevante et ne se porte pas à la hauteur de la précédente.

D’une part parce que le dialogue entre l’approche scientifique et l’approche artistique dans tout le parcours de l’exposition est inexistante parce que très peu exploitée. S’ensuit une impression d’empilement, les artistes sont exposés les uns à la suites des autres, avec quelques fois des présentation de vidéos ou de carnets de scientifiques qui coupent la progression du parcours mais n’entre par en résonance avec les œuvres artistiques précédemment vues. Ce qui provoque rapidement une impression de superficialité dans la présentation de certains travaux, que ce soit les travaux de Francis Hallé (sous-exploités ) ou ceux des artistes présentés dans le parcours et dont on a bien du mal à retenir les noms.

Francis Hallé, Moabi, Baillonella toxisperma, Langoué, Gabon, 2012

D’autre part parce que contrairement à ce qui est annoncé dans la vidéo de présentation, cette exposition n’entre pas en résonance avec le lieu, ce qui est particulièrement perceptible dans le jardin de la Fondation. Quelques affichettes décimées ici ou là ne suffisent pas à lier ce dernier à la thématique. Cela fait même quelque peu négligé que de poser une pauvre étiquette au pied d’un arbre et de s’en contenter.

Pourtant, il y avait matière à faire quelque chose de particulièrement intéressant entre autre autour de la qualité artistique des dessins de Hallé ou la travail des architectes Diller, Scofidio et Renfro qui présentent le processus de déforestation massive en Amazonie en les reliant à la disparition des cultures et des langues des tribus y vivant. Les capteurs placés à l’entrée de l’exposition qui montrent que les arbres perçoivent leur environnement de manière extrêmement fine, qu’ils emmagasinent des données pour les communiquer à d’autres arbres sont mal exposés et du coup peu vus et exploités par les visiteurs. Pourtant cette installation est probablement celle qui aurait du être au centre du parcours et ne pas se limiter à l’extérieur (les capteurs oui, mais le reste non). En lieu et place peut-être de l’herbier central qui certes est impressionnant mais donnait une impression massive et figée.

Au final, une exposition qui laisse une impression de rendez-vous manqué alors même qu’elle exploitait (et peut-être justement ne faisait-elle que cela, et c’est bien le problème) un thème dans l’air du temps. Dommage.

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