Game of Thrones (saison 8) de David Benioff & D. B. Weiss

La grande bataille finale contre les armées du Night King s’approche et les troupes se préparent au grand affrontement. A Winterfell, les armées alliées se sont jointes à celle de la famille Stark pour combattre le Night King, ils sont le premier rempart contre ce dernier. Malgré les tensions internes autour du comportement de Jon Snow (Kit Harington) vis-à-vis de Daenerys (Emilia Clarke), et malgré le peu d’attachement que porte la population pour cette reine autoproclamée qui est inconnue de tous, l’heure est à la réconciliation, au moins en apparence. Pendant ce temps à King’s Landing, Cersei (Lena Headey) se prépare elle aussi à combattre… Elle espère que quand il débarquera près de ses côtes, Jon Snow et Daenerys auront alors perdus la vie dans leur combat contre lui. Cersei compte sur ses troupes et celles d’Euron Greyjoy (Pilou Asbæk) pour vaincre celui qui ne peut pas mourir.

Les scénaristes n’avaient que six épisodes à écrire pour conclure cette immense saga, commencée il y a plus de huit ans. Six épisodes pour raconter la bataille épique contre le Night King et décider qui de Cersei, de Daenerys ou de Jon Snow allait monter sur le trône de fer. Six épisodes sans réels enjeux scénaristiques, le défi étant plus dans la manière de décrire cette ou ces batailles épiques que dans l’exploration des personnages ou l’approfondissement de l’univers. Le spectateur attendait des batailles, d’un genre fantastique, de celles qui construisent les mythes et font des combattants des légendes vivantes.

Hélas, trois fois hélas ! En découvrant le générique de cette dernière saison, et en remarquant que la maquette tant adorée de l’univers de Game of Thrones se couvrait de gel, j’ai imaginé que le générique de chaque épisode donnerait à voir la progression du Night King sur les sept royaumes, progression symbolisée par cette traînée de givre qui viendrait avalait l’ensemble de la maquette. Raté. Première bataille hors de son royaume et première défaite pour le Night King. Malgré une stratégie de combat des plus relatives (positionner ses soldats en dehors des murailles, faire charger ses cavaliers dans le noir, se réfugier dans une crypte quand on combat un être qui ressuscite les morts… et encore les scénaristes sont gentils, ils n’ont pas fait revenir toute la famille Stark), le Night King est défait par Arya, lui qui pourtant nous était présenté comme la mort incarnée, celui qu’on ne peut pas battre. Certes, les combattants de Jon Snow y laisse quelques plumes, mais globalement ce combat bien que mal pensé est une victoire. Le spectateur n’a hélas pas vu grand chose de cette bataille épique (on y voyait rien !) mais qu’importe du côté des scénaristes et des réalisateurs le travail est fait, mal fait mais fait.

Bon. Après avoir encaissé cette relative mauvaise surprise, le générique n’ayant pas bougé d’un iota, on se dit qu’à présent la grande bataille va se porter sur King’s Landing et que contrairement à ce qui avait dit depuis le début, le grand danger ne venait pas du Nord mais des humains capricieux ou plutôt des humaines capricieuses. Trois prétendants au trône, deux femmes qui le revendiquent et un homme qui, bien qu’appelé par tous, rechigne à monter sur le trône. On va éviter de faire sa féministe de base, mais ce schéma de l’homme qui se tient à distance pendant que les radasses se démontent la tête est quelque peu éculé.

Allons à King’s Landing. Sur le chemin, Daenerys  visiblement pas informée que des troupes l’attendent sur place, se fait tuer un dragon. Question stratégie militaire chez les troupes du Nord, on est pas très forts. Se sentant de plus en plus contestée, et peut-être aussi parce qu’elle est folle, Daenerys massacre à tour de bras la ville et réussit in extremis à tuer sa concurrente, Cersei. La scène de saccage de la ville prend ses références dans les images du 11 septembre 2001. On voit pas bien le rapport mais qu’importe, visuellement ça impressionne le chaland.

Plus que deux prétendants au trône et Jon Snow ne veut toujours pas y aller. Remarquant que sa dulcinée est devenue incontrôlable, il la tue lors d’une scène qui se voulait tragique et romantique mais qui est quelque peu ratée. Plus qu’un prétendant mais il ne veut toujours pas monter sur le trône (qui entre temps a fondu sous les projections énervées et foucaldiennes du dernier dragon).

Qui est volontaire pour le trône ? Vient une scène improbable pendant laquelle les protagonistes discutent tranquillement de qui choisir. On est loin de l’esprit légendaire. Le choix se porte sur le jeune frère devenu tétraplégique, parce que 1) il ne va pas nuire aux autres du fait de son infirmité et 2) il n’aura pas de descendance. Brillant, malsain mais brillant. Enfin brillant si on se place au niveau des discussions sur le Net. Si on réfléchit en terme de cohérence et de portée symbolique, là c’est autre chose.

Bran devient donc le Roi des Sept Royaumes. Exit les gonzesses. De toute façon elles sont toutes folles. La famille Stark a vaincu, ces enfants sont placés aux points stratégiques : Brane à King’s Landing, Jon Snow sur le mur où il rejoint son loup et la Night’s Watch, Sansa règne sur Winterfell et Arya part à l’aventure sur les mers. Cette saison 8 est à l’image des dernières saisons, navrante. A partir du moment où les scénaristes se sont détachés des romans, la cohérence et l’intelligence de la série a décliné, pour finir par devenir une immonde mascarade dans laquelle tout le monde est perdant.

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