Nous finirons ensemble de Guillaume Canet

A l’aube de ses soixante ans, Max (François Cluzet) s’apprête à vivre un dernier été dans sa résidence secondaire dans la baie d’Arcachon. Pressé par les banques après des investissements douteux, Max a dû vendre une partie de son patrimoine et doit à présent  vendre la maison des étés entre copains et des vacances en famille. Ce qu’il ne sait pas, c’est que ses amis — qu’il n’a pas revu depuis leur brouille — ont décidé avec la complicité de sa nouvelle compagne de lui faire une surprise en venant passer une semaine avec lui à l’occasion de ses soixante ans. Une surprise qui déplaît fortement à Max qui accepte mal l’idée de leur avouer qu’il est endetté et qu’il doit vendre la maison.

La suite des Petits mouchoirs de Guillaume Canet est plus consensuelle que le précédent, elle est donc beaucoup moins mordante et joue à fond (parfois un peu trop) la carte de l’émotion (autour de Max et de Marie) et de l’humour avec le clown de service incarné par Laurent Lafitte.

Les scènes drôles comptent parmi les plus réussies du film avec une mention spéciale pour la scène du saut en parachute qui m’a bien fait rire. On note cependant que ces « amis » passent le temps à rire des autres, puis d’eux-mêmes et témoignent dans leurs relations aux autres d’une dose non négligeable de méchanceté. Les blagues sont toujours au dépens d’un autre qui doit faire bonne figure et surtout trouver la répartie pour renvoyer l’affront, le jeu devenant parfois aigre voire carrément insultant. Constat réaliste mais affligeant des relations d' »amitié » dans une certaine classe sociale.

Les scènes dramatiques sont beaucoup moins réussies. Trop artificielles, elles sont souvent pénibles et versent dans de la pédagogie matinée de psychologie bon marché.  La réalisation, parce qu’elle cherche à affirmer l’importance de ces scènes par une mise en scène figée (comme si le temps s’arrêtait), alourdit encore plus le propos et en rajoute beaucoup trop dans le tragique. A contrario, les scènes drôles sont plus légères en terme de mises en scène.

Reste que leurs histoires de couple ou d’argent n’intéressent guère, n’étant pas de ce milieu parisien branché. On voit en eux des membres d’une classe aisée, peu amicaux entre eux, fascinés par l’argent et la réussite, à l’aise dans l’entre-soi. Et surtout peu crédibles quand ils prêchent l’importance de l’amitié et des liens humains face à l’argent ou à la réussite sociale, dont ils incarnent pourtant bien tous les travers. Un film d’hypocrites qui lui-même reste à la surface des liens et des personnalités  pour probablement éviter de les regarder en face.

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