Peaky Blinders (saison 5) de Steven Knight

Thomas « Tommy » Shelby (Cillian Murphy) vient de perdre une fortune lors du krach de 1929, notamment parce que Mickaël, le fils de Polly (Finn Cole), malgré ses avertissements, n’a pas vendu les actions détenues par la société Shelby. Son poste de député ne lui assurant pas de revenus suffisants pour faire vivre toute la famille, Tommy décide de se relancer dans les affaires illégales : paris truqués, alcool et trafic d’opium. Il veut également reprendre en main les affaires de la famille qu’il avait déléguées à d’autres depuis quelques années (notamment Mickaël). Cette reprise en main autoritaire n’est pas du goût de tous ; si Arthur (Paul Anderson) et Polly (Helen McCrory) s’en accommodent du mieux qu’ils peuvent, Mickaël, poussé par sa nouvelle femme, semble vouloir contester la position dominante de Tommy.

Nous avons replongé dans Peaky Blinders, probablement parce qu’on avait oublié à quel point la série était navrante par sa mise en scène tape-à-l’œil, son montage tout en excès et ses acteurs qui semblent en roue libre dans leur interprétation. Il n’a suffit que de quelques images pour retrouver la mémoire.

La séquence sur le krach de 1929 rassemble tout ce qui ne va pas dans cette série. Les personnages — Polly, Arthur, Mickael et Tommy — apprennent l’effondrement des bourses américaines ce qui déclenche immédiatement un vent de panique. Certains décident de quitter le lieu dans lequel ils se trouvent : Mickaël quitte les États-Unis, Polly son hôtel luxueux comme s’ils devaient fuir. Ce qui est une aberration puisque aucun n’est sous le coup d’un mandat d’arrêt, leur réaction est complètement irrationnelle. Mais elle permet au réalisateur d’enchaîner des plans sur les mouvements précipités de ces personnages, procédé renforcé par un montage serré, qui accroît l’impression de rapidité et de chaos. Tommy de son côté convoque une réunion exceptionnelle de la famille, ce qui peut se justifier, mais la manière dont il le fait (le ton, la rapidité) laisse entendre qu’il doit agir vite. Or rien n’est plus faux. S’il devait agir, c’était avant. A présent, rien ne sert de se précipiter.

Le krach a bien évidemment des conséquences financières sur la famille mais pas que. Tommy devient parano et soupçonne Mickaël de vouloir prendre la tête de la société Shelby. S’en suit des scènes improbables où Tommy soupçonne tout le monde, de sa femme à ses frères et sœurs. Là encore la mise en scène est excessive et certaines scènes (comme celle dans le champ miné) sont juste pathétiques (dans l’interprétation, dans la mise en scène et même dans leur écriture).

Les cinq épisodes restants sont du même acabit et on finit pas devenir allergique à ces plans au ralenti, à cette débauche de vulgarité. Le traumatisme de Tommy par son excès devient ennuyeux et presque factice. La scène où il achève un cheval malade et porte ensuite l’arme à sa tempe est tellement ridicule dans sa mise en scène que l’effet tragique recherché n’en est que plus ridicule.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, le réalisateur a voulu inscrire un peu plus cette saison dans son contexte historique. Non content de décrire le krach dans un n’importe quoi visuel, il a voulu montrer également la montée du fascisme (dans son esprit du populisme) en intégrant le personnage de Mosley. Mais là encore il ne réfléchit pas à ce qu’il fait, cherche avant tout l’effet visuel percutant et, au final, ne dit absolument rien de cet épisode fasciste anglais. Reste alors les effets de manche, la « fascination du fascisme » dans laquelle la série se complaît, en réalité depuis le début. C’est navrant. On ne cesse de le répéter : Cilliam Murphy vaut mieux que cela. A quand un vrai bon rôle pour lui ?

Rien n’est subtil dans cette série, rien n’est bien pensé ni même bien filmé. L’ineptie des propos et des interprétations est mal cachée derrière cette mise en scène outrancière. On nous nous y reprendra plus !

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