Nos cinq séries préférées de 2019

Même principe que pour le top 10 des films, mais avec les séries nous nous limitons à cinq (enfin six, dans le cas présent). Depuis deux ans, on réfléchit à inverser la proportion tant ce sont les séries qui tiennent désormais le haut du pavé face à une production cinématographique caractérisée par son atonie ou plutôt sa dichotomie entre, d’un côté, un cinéma de divertissement qui a abandonné toute ambition artistique pour n’être plus d’un produit de consommation et, d’un autre côté, un cinéma d’auteur souvent synonyme d’esbroufe pseudo-élitiste au risque de l’entre-soi alors que les séries, en tout cas certaines d’entre elles, parviennent à allier les deux bouts évitant les deux écueils du sous-produit de l’industrie culturelle et de la prétention narcissique.

Enfin bref, voici le top 5 des meilleures séries selon les Boggans : 5e ex-aequo :

Stranger Things (saison 3), des Duffer Brothers. Sans toutefois égaler la première saison, ce troisième volet des aventures de la petite clique de Hawkins renoue avec ce qui avait fait sa réussite : sens de la narration et personnages attachants car pétris de faiblesses et de défauts. La convocation d’éléments iconiques tels le mall ou la fête foraine parviennent à évoquer une ambiance eighties digne des classiques de la période.  Par contre, il est urgent que les personnages principaux (Mike et Eleven) soient étoffés et enfin sortis de l’ornière de la platitude dans laquelle ils semblent enfoncés.

5e ex-aequo :

Deutschland 83, d’Anna LeVigne et Jord Winger. Regarder cette série alors que l’on commémore la « réunification » allemande (l’annexion de l’Est par l’Ouest) est d’autant plus intéressant qu’elle ne surfe pas trop sur une ostalgie de pacotille (pour mieux désamorcer la charge subversive que le modèle est-allemand pouvait représenter) mais présente, à travers la fiction bien sûr, une société bien plus mitigée et complexe que les stéréotypes mémoriels habituels. Le faire via le genre du thriller d’espionnage est d’autant plus réjouissant. Hélas, la suite, Deustchland 86, a perdu cette veine et a cédé à plusieurs facilités. Néanmoins, il reste la vision qu’il existait bien un monde de l’autre côté du rideau de fer, certes en proie à de multiples contradictions, mais qu’il a pu représenter autre chose que la caricature totalitaire habituelle.

4e :

Chernobyl, de Craig Mazin. La série qui vous fixe à votre siège et ne vous lâche plus dans une plongée extrêmement efficace dans l’horreur. Avec ce produit ciselé et particulièrement problématique dans son rapport à l’histoire, la BBC pose des questions terribles, mais qui n’ont rien à voir avec le contexte historique de l’URSS que la série prétend montrer mais tout avec notre époque de l’après-Fukushima et du réchauffement climatique.

2e ex-aequo :

Sacred Games (saison 1), d’Anurag Kashyap et Vikramaditya Motwane. Cette adaptation du (très bon) roman de Vikram Chandra tient pour le moment toutes ses promesses : c’est un polar poisseux, empli de corruption, de violence, de sexe qui met en scène une société indienne où politique et religion font très mauvais ménage, le tout réalisé avec une redoutable crudité qui laisse pantois devant la violence omniprésente. Le fait même que la série soit proposée par Netflix et garde les différentes langues originelles est à saluer (contrairement à Chernobyl).

2e ex-aequo :

The Deuce (saison 3), de David Simon. Le trio David Simon, George Pelecanos et Richard Price est parvenu, avec The Deuce, à proposer une série qui parvient presque à faire oublier The Wire tant ce portrait choral du quartier de Times Square dans le New York de la fin des années 70 et du début des années 80 est magistral. La série prend pour sujet la pornographie et ses liens avec les milieux de la prostitution et de la mafia,  à travers les lieux de la vie nocturne des bars et des clubs de ce New York sale et dangereux, le tout incarné dans une galerie de personnages formidablement écrits et d’acteurs qui les interprètent avec justesse, pudeur et empathie. Une série profondément humaine, à l’image de toute l’oeuvre de David Simon.

1er :

The Dark Crystal: Age of Resistance (saison 1 ?), de Jeffrey Addis et Will Matthews. Lorsqu’une série parvient à prendre des marionnettes, à en faire des personnages attachants ou détestables, grâce à une caractérisation et une narration qui fondent un récit prenant et faisant de la fantaisie le lieu de la maturité émotionnelle, c’est-à-dire à oser la carte de l’exigence en s’adressant à un jeune public (ou pas ?), alors on sait que l’on a affaire à un chef d’oeuvre.

 

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