Nos dix films préférés de 2019

Ta-da ! Le voici, le voilà ! Le très attendu top ten des Boggans, celui que tous les critiques scrutent chaque année pour savoir ce qui se fait de mieux du côté des salles obscures. Non ? Ah bon… Tant pis, le voici quand même.

Toutefois, avant de présenter nos dix films préférés de 2019, force est de constater que l’année fut particulièrement pauvre voire maigre, au point qu’on se demandait si on allait pas devoir nous contenter d’un top 5. Néanmoins, parmi ce flot des films médiocres, certains ont donc réussi à se distinguer d’autant plus facilement.

Pour rappel, chacun de nous deux votent pour ses dix meilleurs films, lui assignant ainsi un nombre de points (10 pour le 1er, 9 pour le 2nd, etc.).

10e (avec 4 points) :

Nos batailles, de Guillaume Senez. Un film qui donne à voir ce que signifie le travail aujourd’hui chez les GAFAM tout en essayant de mener une vie professionnelle, syndicale et familiale. Evidemment, cela ne peut pas marcher. Un film qui montre le quotidien de la société « normale » — l’anti-thèse du cinéma tape-à-l’œil.

9e (avec 5 points) :

Le Procès contre Mandela et les autres, de Nicolas Champeaux et Gilles Porte, nous rappelle que Mandela, l’icône aseptisé par les médias, n’était pas seul, et surtout que tous étaient mus par une idéologie révolutionnaire communiste, qu’ils étaient sur le point de passer à l’action. Un film qui remet les pendules à l’heure et qui montre ce que signifie lutter contre l’injustice.

8e (avec 6 points) :

The Sister Brothers, de Jacques Audiard. Audiard est un malin, et il utilise des ficelles parfois assez grosses, mais il n’empêche : cette histoire de western qui frôle souvent avec le ridicule est rondement menée par un duo d’acteurs qui maîtrisent parfaitement leur art. Le retour du genre western et la présence de Joaquin Phoenix dans ce classement ne sont, ni l’un ni l’autre, des hasards.

7e (avec 8 points) :

Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand. A l’heure où la société commence à prendre conscience des violences faites aux femmes, ce film se distingue par son soucis du vrai.

5e ex-aequo (avec 10 points) :

The Ballad of Buster Scruggs, des Frères Coen. Chez les Boggans, on est fans du cinéma des Frères Coen. Alors certes ce kaléidoscope de sketches est inégal, certes les différentes vignettes ne forment pas forcément un tout cohérent, mais l’humour et la tragi-comédie des Coen, portés par des acteurs exceptionnels (James Franco est parfait dans son rôle, Tom Waits est méconnaissable, etc.), les différents modes de narration utilisés à très bon escient font de cet hommage au western un film formidable.

5e ex-aequo (avec 10 points) :

Les Chatouilles, d’André Bescond et Eric Métayer. Un film terrible, difficile, poignant qui a l’immense mérite d’aborder de front un sujet brûlant, de le traiter avec pudeur et surtout avec une profonde empathie pour les personnages. Mention spéciale à Karin Viard qui joue une mère engoncée dans son déni avec une force qui suscite la colère sidérée et en même temps l’admiration pour le jeu d’actrice.

3e (avec 11 points) :

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Once Upon a Time… in Hollywood, de Quentin Tarantino. Parce que Tarantino ne fait pas seulement que rendre hommage au cinéma qui l’a bercé, mais également parce qu’il pose beaucoup, beaucoup de questions (sans toutefois y répondre toujours de manière satisfaisante) et parce qu’il le fait avec un duo d’acteurs qui ont été trop longtemps sous-estimé et qui sont ici formidables.

2e ex-aequo (avec 16 points) :

Ad Astra, de James Gray. Ce film époustouflant, maîtrisé de bout en bout, porté par Brad Pitt (qui confirme qu’il est bien l’un des meilleurs acteurs actuels, réalisant une carrière passionnante) s’érige — rien de moins — comme une réponse du XXIe siècle à 2001.

2e ex-aequo (avec 16 points) :

Leto, de Kirill Serebrennikov. Avoir 20 ans sous Brejnev. En filmant la scène punk-rock russe, Kirill Serebrennikov offre un portrait saisissant, émouvant, tendre de la jeunesse soviétique éprise de liberté fascinée par l’Occident, amoureuse de sa mélancolie et dont les aspirations se heurtent au mur d’une société indifférente, le tout porté par une bande-son évidemment explosive. Magnifique.

Et le premier (avec 19 points) :

Avec Les Misérables, Ladj Ly se hisse en effet à la hauteur du projet de Hugo pour le XXIe siècle en donnant à voir la banlieue non pas comme on ne l’a jamais vue (car on a déjà vu cela même si en France assez peu), mais en portant un regard intelligent, appuyé par une véritable proposition de cinéma. Que le film soulève de nombreuses réactions confirme la réussite du projet : exposer ce que la France refuse de voir.

Les autres films qui nous ont également plus/ marqués/ interpelés : Joker, Tolkien, Keeper, The Favourite.

 

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