Star Wars, épisode IX : The Rise of Skywalker, de J. J. Abrams

Il était une fois, dans une galaxie très, très lointaine une jedi, Ray (Daisy Ridley), orpheline à la recherche de son identité, et un sith-pas-si-méchant-que-ça, Kylo Ren (Adam Driver), qui se rêvait en nouveau Dark Vador mais n’assumait pas complètement son côté badass. Rey et Kylo se rencontrèrent et se fut tout de suite une sorte de tension amoureuse entre eux deux. Mais qui était donc Rey ? Ou plutôt qui étaient ses parents ? Nul ne le savait, et les spectateurs se demandaient si elle n’était pas la fille de Luke ou de Leia, auquel cas on nous referait le coup de l’inceste, ce qui d’ailleurs correspondrait bien à la prétention de proposer une véritable mythologie, mais que jamais Disney ni Lucas avant n’avaient vraiment assumé. Bref, je m’égare… Mais en fait, on s’en fiche, car avec la nouvelle trilogie, tout le monde se fiche de la continuité de la narration, y compris Ryan Johnson, le réalisateur du précédent épisode, The Last Jedi, qui s’était éloigné du cadre prescrit mais aussi J. J. Abrams qui a décidé de ne pas tenir compte dudit épisode alors pourquoi pas nous ? Donc :

Il était une fois dans une galaxie très, très lointaine… [musique !]

Bon, de l’intrigue, nous dirons qu’on s’en fiche. Vu il y a déjà quelques mois à sa sortie, le film s’efface rapidement des mémoires, ne laissant que quelques souvenirs épars. Alors qu’en reste-t-il ?

Hum… C’est assez embarrassant, à vrai dire, mais allons-y : une impression désagréable (mais à présent familière dans cette trilogie, à l’instar de celle qui précédait supervisée par Lucas lui-même) d’une série de scènes, certaines réussies (les « dialogues/ confrontations » entre Rey et Kylo sont toujours assez prenants), d’autres moins (les relations entre personnages, par exemple entre Rey et Leia, sont totalement ratées et vides d’émotion car parachutées sans aucune caractérisation) et d’autres encore… disons… qu’elles se passent de mots. Une image vaut mieux qu’un discours :

Bon, on avait l’habitude avec Star Wars de l’absence totale de la volonté de faire crédible, mais là, quand même… non, quoi.

Autre truc rigolo, l’empereur Palpapouët revient (je ne spoile même pas, c’est dans la bande-annonce). Soit. Et en fait il a une flotte sur sa planète ultra-secrète-cachée-derrière-une-sorte-de-tempête-stellaire qui couvre tout entier le ciel (disons au bas mot des centaines de destroyers). Ok. Mmmm… Il les sort d’où ? Avec quelles ressources il a bâti une telle flotte ? Surtout sans se faire repérer et donc sur sa planète peuplé de siths fantômes et de… rien. Oh, ça va ! TGCF* !

En réalité, si on fait abstraction de la non-continuité des films entre eux et de l’absence de vraisemblance (oui, ça commence à faire beaucoup d’efforts de la part du spectateur), il reste un film centré sur la relation entre Rey et Kylo qui n’est pas sans un certain charme, il faut le dire. Hélas, trois fois hélas, la résolution finale, si elle est potentiellement très forte, est quelque peu gâchée (oui, à nouveau), par une sorte de volonté de rédemption absolue avec sacrifice christique tout bien comme on l’attendait.

Et puis l’autre regret, déjà mentionné plus haut, est la maltraitance des personnages secondaires : le faux suspens autour de la mort de Chewie est simplement naze, de même avec C-3PO. Quant aux autres personnages (Finn, le stormtrooper renégat, et Poe, le pilote tête brûlée, et d’autres), ils sont totalement absents.

J’ai l’impression qu’il y a quelqu’un dans mon dos… Cela n’est pas possible, je suis seule depuis le début de ce film… A trois je me retourne pour en avoir le coeur net. Un… Deux…

En résumé, ce film est aussitôt oublié que vu, car à aucun moment il ne se hisse au niveau de la prétention affichée avec la « saga » Star Wars, celle justement de produire une saga, avec une mythologie qui ferait sens. Ici, on sent trop les logiques commerciales, marketing et même le fan-service derrière le processus de création. On est bien loin de Rogue One qui, en se soustrayant à cette prétention, avait réussi à produire un film intéressant ou même la récente série The Mandalorian qui arrive à combiner humour et ambiance western.

Il n’y a donc pas à crier à la déception — en rien cet ultime épisode en aura été une, puisqu’il est tristement conforme aux cinq derniers films… Reste la belle scène de combat aux sabres lasers sur les ruines à moitié englouties de l’Etoile de la Mort dans une mer secouée par une tempête permanente.

* Le TGCF est l’équivalent Star Wars du TGCM, évidemment. Ceux qui sachent sauron, pouët !

 

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