Leonard2Vinci de Stéphane Levallois

Année 15018. Le vaisseau spatial « Renaissance » abrite les derniers hommes traqués par une armée d’extraterrestres qui veulent en finir avec l’espèce humaine. Pour leur résister et assurer la pérennité de l’espèce humaine, le Grand conseil composé d’hommes d’âges murs veillant à la bonne conduite du vaisseau, ont décidé de cloner Léonard de Vinci (à partir d’une empreinte digitale de l’artiste trouvée sur terre sur le tableau de sainte Anne). A présent arrivé à l’age de l’adolescence, Léonard 2 se voit confier la tâche de créer des armes ou une arme capable de défaire leurs ennemis et sauver l’humanité.

Cette empreinte, Léonard la posa en 1519 lorsque, victime d’un malaise alors qu’il était tout à son travail, il s’effondra sur le tableau avant d’être pris en charge par son serviteur. Dans les jours qui suivent, Léonard demande la présence d’un notaire pour régler ses dernières affaires et un prêtre pour qu’il accueille sa confession.

Dans la série des co-éditions entre Le Louvre et l’éditeur Futuropolis (voir La Maternité rouge de Christian Lax), un très bel album sur l’oeuvre de Léonard de Vinci, même s’il m’a fallu plusieurs lectures pour saisir visuellement le début et comprendre que les premières planches décrivaient le voyage des hommes vers la Terre pour retrouver une empreinte de Léonard et que dans la séquence suivante, on voyait le moment où Léonard posait cette empreinte sur le tableau. Les dessins ne sont pas toujours lisibles et le choix de la police de caractère, du plus bel effet visuel, n’est pas toujours adéquate pour bien lire les dialogues.

L’album est construit autour de la confession de Léonard pendant que son clone imagine les machines qui protégeront l’humanité de ces monstres qui la poursuivent. Dans une dernière scène apocalyptique, Léonard meurt et son clone, devenu homme universel, après avoir révélé aux monstres la beauté de l’art, embarque avec eux, sacrifice ultime pour sauver cette humanité tant admirée.

S’il y a un parallèle intéressant entre les inventions de Léonard et celles de son clone (comme les passages sur l’anatomie), il y a des aspects de la vie de Léonard que l’auteur ne parvient pas à inscrire logiquement dans le futur comme son éventuelle homosexualité. De plus, face à cette place importante donnée à l’ingénieur Léonard, le peintre parait plus absent. Ses œuvres picturales louées par l’auteur restent sans équivalent dans le futur et si les monstres s’inclinent devant la beauté de l’art humain, il s’agit, semble-t-il, des créations artistiques dans leur ensemble (et pas seulement celles de Léonard) et cette confrontation déterminante pour la survie de l’humanité n’est pas décrite par l’auteur.

En d’autres termes, si le propos est visuellement impressionnant, il n’en demeure pas moins parfois abscons. En quoi l’art sauve l’humanité de ces monstres ? Pourquoi les œuvres de Léonard nous fascinent-elles toujours autant ? En quoi Léonard est-il devenu immortel ? Autant de questions soulevées dans cet album mais dont les réponses restent partielles voire absentes.

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