De Gaulle de Gabriel Le Bomin

Avril 1940, alors que Charles de Gaulle (Lambert Wilson) profite d’une moment d’intimité au lit avec sa femme Yvonne (Isabelle Carré), la France vit une drôle de guerre. Quelques mois plus tard, De Gaulle est sur le front, remportant selon lui des batailles décisives ce qui n’impressionne guère ses supérieurs bien trop occupés à sonner déjà le glas de la retraite. Appelé au gouvernement par Paul Reynaud (Olivier Gourmet), De Gaulle n’a de cesse de défendre l’idée que la France, avec l’aide de l’Angleterre, peut l’emporter sur l’Allemagne. Il a face à lui le « vainqueur de Verdun », le Maréchal Pétain, qui ne croit plus en la victoire et plaide pour une fin des hostilités. Pour appuyer son opinion et permettre à Reynaud de maintenir la France dans le combat, De Gaulle multiplie les déplacements à Londres pour convaincre Churchill d’aider la France. Mais le temps presse, les chars allemands se rapprochent de Paris et menacent l’optimisme de Reynaud, qui doit en plus lutter contre l’influence grandissante de sa maîtresse Hélène (Philippine Leroy-Beaulieu) favorable à une amnistie totale et sans condition.

« Si l’histoire fait les hommes, des hommes font l’histoire ». Et leur femme visiblement.

Le film de Gabriel Le Bomin s’ouvre sur une scène d’intimité entre De Gaulle et sa femme alors que nous sommes en avril 1940, pleine période de la drôle de guerre. Il se clôt sur les retrouvailles de De Gaulle avec sa famille à Londres en juin 1940, sa femme ayant quitté la France par ses propres moyens et avec leurs trois enfants. Le film s’intéresse donc davantage à cette famille De Gaulle, un père engagé dans une lutte perdue d’avance et qui doit quitter son pays pour mieux le défendre et une famille qui accepte ses choix et le soutient, au point de partir avec lui à l’étranger. Yvonne est donc l’un des personnages principal du film, elle est celle qui soutient son mari dans son idée de ne pas céder devant l’Allemagne. Une autre femme attire le regard, Hélène de Portes, maîtresse de Paul Reynaud. Elle aussi est une femme d’influence, même si dans son cas, elle pousse Paul Reynaud à l’amnistie.

L’objectif de faire un biopic sur De Gaulle imposait de faire des choix, choisir quel De Gaulle porter à l’écran. Gabriel Le Bomin a choisi de concentrer son film sur l’homme (le mari, le père) au moment où il n’est pas encore De Gaulle, où il n’est qu’un général déchu, exilé et sans soutien.  L’intention est louable, mais elle révèle peut-être à quel point l’homme, sa famille, ses tourments intimes ne sont pas solubles dans la fiction. En regardant le film, il y a quelque chose qui cloche et cela ne vient pas uniquement du jeu des acteurs et de la mise en scène.

Même s’il faut bien le reconnaître, il y a également de gros problèmes dans la mise en fiction. Les acteurs sont engoncés dans leurs rôles respectifs, peu aidés par des dialogues indigents et des scènes improbables, celles notamment dans lesquelles les couples semblent discuter sans urgence de la situation actuelle (on est alors après juin 1940, les Français fuient sur les routes). La palme revient au couple De Gaulle qui ne fait preuve d’aucune authenticité. On voit des acteurs empêtrés dans leur rôle, incapables de trouver le ton juste entre la solennité du personnage qu’ils interprètent et la nécessaire décontraction du jeu.

Les hommes qui ont fait l’histoire ne serait donc rien sans leurs femmes.  De Gaulle comme sujet pour porter à l’écran l’histoire des femmes. Le pari était audacieux. Dommage que le résultat soit aussi fade.

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