Perry Mason (saison 1) de Ron Fitzgerald et Rolin Jones

Charlie Dodson, un bébé à peine âgé d’un an, a été kidnappé chez lui alors que son père était absent et qu’il était sous la garde de sa mère. Les kidnappeurs ont réclamé aux parents une rançon de cent mille dollars en échange de la libération de leur fils, ce qu’ils ont fait en empruntant la somme au grand-père de Charlie, Herman Baggerly (Robert Patrick), un richissime homme d’affaires. Mais lors de l’échange, Emily et Matthew Dodson ne retrouvent qu’un cadavre, leur fils a été étouffé et ses yeux ont été cousus pour qu’ils restent ouverts. Pour plus de discrétion, Herman Baggerly décide de recruter E.B. Jonathan (John Lithgow), un avocat proche de la retraite, afin qu’il retrouve les meurtriers de son petit-fils. E. B. Jonathan demande donc à son détective préféré, Perry Mason (Matthew Rhys), de mener l’enquête. Ce dernier soupçonne rapidement le père qui a des dettes de jeu, puis la mère quand il apparaît que celle-ci était la maîtresse de l’un des kidnappeurs. L’enquête semble alors bouclée faisant de la mère la coupable idéale, mais Perry Mason commence alors à douter de ce scénario trop parfait…

Le retour de Perry Mason, avant qu’il ne devienne Perry Mason. N’ayant jamais été fan de la série des années 60, je ne commenterais pas la pertinence de ce remake ni ne relèverais l’ensemble des clin d’œil fait à la série culte. Me concernant, il s’agit d’une énième série policière, située à l’époque phare des grands classiques du genre, les années 30, dans la ville du crime, Los Angeles.

Le scénario de cette première saison associe la simplicité d’une trame policière comme on en écrivait dans l’âge d’or de ce genre, avec l’intelligence de la caractérisation de cette époque (tant dans l’évocation du milieu du cinéma que dans celle des pratiques policières et du renouveau religieux mené par des sectes qui fleurissent alors) et l’ingéniosité enfin dans l’écriture des personnages, Perry Mason en tête mais également Della Street (Juliet Rylance, déjà vu dans l’excellent série The Knick), et surtout toute une galerie de personnages secondaires qui donnent son ton à la série comme Pete Strickland (Shea Whigham), l’acolyte de Mason ou Paul Drake (Chris Chalk), agent de police subalterne qui va se révéler enquêteur hors pair.

J’ai beaucoup aimé le fait que certains éléments liés au crime soient la conséquence d’erreurs ou de faux-pas commis par les kidnappeurs. Leur plan, limpide et simple au départ (et, spoiler, n’impliquant pas la mort de Charlie), est devenu un vrai sac de nœud parce que tout ne s’étant pas déroulé comme prévu, les criminels ont cherché au fur et à mesure à sauver leurs fesses, accumulant au passage d’autres erreurs. Le plan n’était pas complexe, mais le fait qu’il ait raté à contribuer à le rendre plus difficilement compréhensible. Et je trouve cette astuce scénaristique très habile.

Les acteurs sont convaincants dans leur rôle respectifs. Matthew Rhys semble s’écarter du personnage célèbre, pour mieux jouer son propre Perry Mason, plein d’auto-dérision et de cynisme. J’ai beaucoup aimé le personnage de Della, j’espère qu’il aura toute sa place dans la saison 2, de même que le personnage de Paul, un homme passionnant qu’on a hâte de voir dans la peau d’un enquêteur indépendant.

Une série donc agréable à regarder, qui est à la hauteur de ses ambitions. La reconstitution de l’époque est crédible, la mise en scène suffisamment soignée pour ne pas occuper le devant de la scènes, laissant la place aux acteurs et à leur interprétation. Simple, efficace, sans esbroufe, on en redemande.

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