Waiting for the Barbarians de Ciro Guerra

Dans un poste avancé d’une colonie britannique (qui ressemble à l’Afghanistan), un magistrat (Mark Rylance) tente de maintenir une paix fragile avec les populations nomades qui vivent aux abords du poste. Cette relative tranquillité est perturbée par l’arrivée d’un colonel de l’armée (Johnny Depp) qui met en doute les compétences du magistrat dans sa mission de protéger l’Empire et décide de recourir à des méthodes plus brutales pour s’assurer de la protection du poste et de la colonie. Ce faisant, le colonel ravive et crée des tensions avec la population nomade, tensions que le magistrat tente de juguler, en vain. Considérant que les nomades font preuve de violence (alors même qu’ils ne font que réagir à celle créée par ses actions), le colonel prend la direction du poste, relève de ses fonctions le magistrat et précipite le poste avancé dans une guerre ouverte avec les nomades.

Ce film est adapté d’un roman de J. M. Coetzee, prix Nobel de littérature en 2003, qui a lui-même participé à la transposition de son roman en scénario. Le film a été présenté en avant-première au festival de Venice en 2019, au festival de Deauville  la même année avant de passer directement à la case Dvd / VoD sans passer en France par une sortie cinéma, fait probablement à cause de la covid.  Sur le papier, l’association de Coetzee avec Mark Rylance, Johnny Deep et Robert Pattinson peut faire rêver. Après visionnage du film, on se demande si l’absence de sortie ciné est bien due à la pandémie.

Plusieurs problèmes se posent : Johnny Deep joue comme un pied ce colonel de l’armée, il est coincé dans son uniforme, desserre à peine la mâchoire et livre au final une interprétation caricaturale et parfois très ridicule. Pattinson fait quelques apparitions mais son rôle reste anecdotique. Quant à Mark Rylance, il fait de son mieux mais ne peut éviter toutes les incohérences du scénario et de la réalisation.  Côté scénario, on oscille entre des longueurs sur certains personnages (comme ces longues scènes pendant lesquelles le magistrat lave les pieds d’une nomade — comme le dit l’expression consacrée : « C’est beau (et encore) mais c’est long ») et des enchainements parfois incompréhensibles dans l’action. Soit il manque de scènes soit le montage est raté mais quelle que soit la raison, la narration est parfois incohérente. Reste la réalisation, très maniérée, Ciro Guerra devant se penser comme un grand réalisateur nous faisant l’honneur de nous faire réfléchir à la notion de colonialisme, sans bien réfléchir à ce qu’il produit comme clichés et stéréotypes dans son propre film. Il y a finalement beaucoup de pesanteurs dans sa réalisateur et très peu de complexité.

A la manière dont se termine le film, on a l’impression que le tournage s’est achevé dans la confusion ou qu’il y a eu un problème lors de la post-production (remplacement du réalisateur ou changement de monteur), en tout cas, cette fin parait irréelle, l’expression même d’une débandade.

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