Honey From the Lion de Matthew Neill Null

Juillet 1861, Eugene Helena est un simple soldat d’infanterie perdu avec des camarades de régiments en pleine guerre civile dans l’Etat de Virginie.  Originaire de la ville, de New York, Eugene découvre à cette occasion les vastes forêts des Appalaches. Vingt ans plus tard, Eugene, futur sénateur, retourne sur place, accompagné de Shelby Randolph, devenu juge et de Cleve Baxter. Ensemble ils créent la Cheat River Paper & Pulp et lancent un vaste plan de déforestation pour vendre le bois. Une ville est créée non loin des terrains d’exploitation, ville qui porte le nom d’Helena, marque visible pour celui qui possède tout le bassin forestier. Les ouvriers affluent pour travailler comme Cur qui apprend vite au contact des autres ouvriers. Ces derniers travaillent dans des conditions infectes et voient la forêt disparaître sous leurs yeux. Ils veulent des salaires justes, des conditions de travail décentes. Un mouvement de grève tente de s’organiser. Malheureusement, ils vont trouver face à eux, un système organisé et n’hésitant pas à faire usage d’une violence inouïe.

J’ai beaucoup aimé le début de ce roman : l’ouverture avec ses trois soldats qui découvrent cette forêt ancestrale, manquent d’y perdre la vie et y reviennent des années plus tard pour y bâtir un empire industriel dévastateur est assez saisissante et fait entrer le lecteur dans le coeur de son sujet : cette magnifique forêt. L’utilisation de termes techniques pour la décrire ou décrire le travail du bois peut dérouter, mais l’ambiance générale que l’auteur parvient à instaurer dans ces premières pages invite le lecteur à poursuivre l’aventure.

La rencontre avec Cur et tous les passages sur son enfance et son adolescence jusqu’à son arrivée à la scierie sont de loin ce que j’ai préféré dans le roman. Avec une écriture plus simple finalement pour décrire la vie complexe de Cur, et ses relations difficiles et problématique avec son père, l’auteur réussit à nous faire comprendre et à nous rendre sympathique ce personnage que l’on va suivre ensuite sans déplaisir. Si le début du roman peut rebuter par son vocabulaire, par Cur le lecteur peut (enfin) se sentir pleinement accrocher par cette histoire.

Le milieu du roman s’intéresse à l’organisation du mouvement de grève. Le lecteur suit en priorité les ouvriers et comment ils comptent mettre en acte leur revendication. Par bribes, on voit déjà toute la violence dont sont capables les propriétaires de la scierie. Là où les revendications s’expriment à voix haute, certes dans l’isolement de la forêt, la violence des propriétaires agit en silence et par des voies indirectes. Point d’hésitation de la part du juge, tous les moyens sont bons pour faire taire cette ersatz de révolte, contraste frappant avec les ouvriers qui eux ont peine à s’organiser et à trouver un front commun.

La fin du roman m’a paru plus faible. Je m’attendais à une confrontation brutale entre les ouvriers et leurs opposants. Les événements font que la grève se délite avant même d’avoir eu lieu, et les ouvriers n’ont même pas l’occasion de retourner la violence contre ceux qui la manie avec tant d’aisance.

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