For All Mankind (saison 1) de Ronald D. Moore, Matt Wolpert et Ben Nedivi

Juin 1969, Alexei Leonov devient le premier homme à poser pied sur la Lune. L’URSS fête avec éclat sa victoire spatiale sur les Etats-Unis, marquant selon eux la prédominance du modèle marxiste-léniniste sur le modèle libéral. Les Etats-Unis regardent impuissants la performance du cosmonaute russe, alors même qu’il y a quelques mois une de leurs équipes avaient eu la possibilité d’alunir. Furieux le président Nixon demande à ce que la NASA accélère ses protocoles pour envoyer au plus vite un Américain sur la Lune et ne pas se faire distancer par les Soviétiques.

Peine perdue, alors que l’agence spatiale internationale prépare un nouveau lancement, l’URSS renouvèle l’exploit en envoyant sur la Lune non pas un cosmonaute mais une cosmonaute. Dans cette course spatiale, les USA accusent un retard important et ne font que poursuivre vainement les exploits russes. Une refonte de la NASA est envisagée d’autant que le public américain commence à contester les choix politiques engagés par leur gouvernement et se retrouve de plus en plus dans le modèle communiste, plus ouvert aux femmes notamment. Ce qui était au départ une question technologique devient rapidement un bouleversement sociétal et politique.

Série en dix épisodes créée par Ronald D. Moore, Matt Wolpert et Ben Nedivi et diffusée sur Apple TV. A ce jour, cette série compte deux saisons de dix épisodes et une troisième saison est prévue pour 2022.

La bonne surprise de cette fin d’année. La série surprend par la qualité de sa narration, on se dit même que ce n’est pas si compliqué de raconter une histoire. Au fil des épisodes, et même si certains sont moins réussis que d’autre (notamment celui sur la confrontation entre Margo Madison et Wernher von Braun qui est mal écrit et qui parait complétement à la marge), on suit avec intérêt les aventures des différents personnages avec quelques scènes cultes : le visage de l’astronaute russe, première femme à poser le pied sur la Lune, l’accident de Patty Doyle qui n’apparait de prime abord qu’à travers un panache de fumée, la confrontation entre Edward Baldwin et le Russe sur la Lune avec ce moment hallucinant où l’on pense qu’Edward Baldwin a tendu un piège mortel au russe, la mort de Deke Slayton ou celle de Gene Kranz retransmise via les caméras de surveillance. La mise en scène est très habile pour capter l’attention et nous tenir en haleine.

Autre point fort : les personnages. Même s’il y a des personnages récurrents qui occupent le devant de la scène comme Baldwin ou Slayton, les personnages plus secondaires sont consistants et ont chacun une personnalité et un rôle bien défini. Ils ne font pas partie du décor mais participent tous à la mise en scène de cette histoire.

Enfin l’habillage de chaque épisode est lui aussi plutôt habile. La musique est bien choisie de même que les images d’archives qui mêlent réalité et fiction et confère à cette uchronie sa plausibilité. Enfin certains points historiques sont abordés avec plus ou moins de complexité. Le traitement de Van Braun est correct car il n’omet pas l’origine historique de ce personnage. Les scénaristes auraient peut-être pu évité de le faire revenir et de faire un parallèle hasardeux entre le projet Manhattan et le projet nazi. La question des femmes et des minorités reste en toile de fond, ce qui est logique puisque la série se focalise sur la conquête spatiale, mais néanmoins il y a quelques occurrences qui font plaisir.

Alors certes, la série n’est absolument réaliste, les opérations de sauvetage comme les missions de surveillance sur la Lune paraissent peu plausibles mais comme cela est au service d’une fiction divertissante avec un modeste apport réflexif, on va pas faire nos bégueules.

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