Foundation (saison 1) de David S. Goyer et Josh Friedman

En l’an 12 067 de l’ère impériale, l’empereur Cleon XII – aussi appelé Brother Day (Lee Pace), clone de l’empereur Cleon I – règne avec ses deux frères, également des clones (Brother Dawn et Brother Dusk) sur l’univers galactique. Une jeune femme, Gaal Dornick (Lou Llobell), quitte sa planète Synnax (bientôt engloutie sous les eaux) pour se rendre sur Trantor, la capitale de l’Empire, afin de rejoindre le mathématicien Hari Seldon (Jared Harris). Elle a en effet réussie à résoudre une équation mathématiques complexe, ce qui lui vaut d’avoir gagné sa place auprès d’Hari. Ce qu’elle ignore c’est que ce dernier promeut depuis des années une nouvelle science appelée psychohistoire, grâce à laquelle il a pu prédire la fin de l’Empire au grand dam de l’empereur Cleon XII. A peine arrivée sur Trantor, elle est capturée avec Hari et suspectée comme lui de haute trahison. Condamnés à mort, leur peine est commuée en exil après la destruction par un groupe terroriste de l’ascenseur spatial qui reliait la capitale à l’empire galactique. Ils sont exilés sur la planète Terminus, aux confins de l’empire galactique, pour y fonder une nouvelle colonie qui, si les prédictions d’Hari Seldon sont exactes, pourra servir de socle pour rebâtir l’humanité après la chute et la destruction de l’Empire. Car même si Brother Day ne croit pas Hari Seldon, son exil sur Terminus lui permet à la fois de se débarrasser de lui et de prévoir la survie de l’humanité au cas où il aurait raison.

Foundation est une série en 10 épisodes créée par David S. Goyer et Josh Friedman à partir du roman du même nom écrit par Isaac Asimov et diffusée sur la chaîne de streaming Apple.

Les moyens sont là pour donner corps à cette adaptation ambitieuse d’Asimov. il n’y a pratiquement rien à redire sur l’esthétique de la série, les visuels sont magnifiques et il n’y a qu’aucune fautes graphiques sur les choix des décors, des vêtements ou sur l’animation des scènes. La série est parfaite visuellement, presque trop parfaite ce qui correspond finalement à cet esprit de fin de règne quand l’ostentatoire devient presque criant pour masquer ses imperfections.

La narration est complexe et pose de nombreux problèmes. Dès le deuxième épisode, la multiplication des arcs narratifs fait perdre au propos sa cohérence originelle : la fondation d’une nouvelle colonie devient à peine perceptible, de même que la chute de l’Empire qui transparait ici ou là mais noyée dans une prolifération de scènes qui font qu’on ne saisit pas bien les enjeux réels derrière certains événements.

Les showrunners ont fait le choix de modifier plusieurs éléments du roman d’Asimov, notamment avec le personnage de Gaal, afin de donner un sentiment de continuité à travers des personnages récurrents, ce qui n’était pas du tout présent dans les romans, Asimov voulant raconter l’histoire de la Fondation (de la colonie) et non pas l’histoire de personnages. Ils ont également amené ce personnage triple que sont les clones impériaux, qui est une idée tout à fait originale, qui donne son sel à la série, mais qui éloigne encore un peu plus de l’oeuvre et de l’esprit d’Asimov.

Globalement, cette saison est difficile à appréhender. On ne voit pas bien vers où la série va évoluer. N’ayant pas lu les livres, je suis encore plus perdue. J’ai l’impression de ne pas assister à un certain nombre de choses qui pourtant devraient être au cœur de l’intrigue. Je ne vois pas la fondation d’une colonie, je ne vois pas les effets de la psychohistoire, je ne vois pas la chute d’un Empire et pourtant il me semble que je ne vois que des éléments qui y sont liés mais de manière périphérique. Par contre, on voit l’histoire d’un clone imparfait, de la chasseresse du peuple d’Anacreon dévorée par le besoin de vengeance, le périple mystique mais finalement vain de Frère du Jour, un vaisseau fantôme à la puissance inégalée et bien d’autres choses. La série est donc intrigante mais je ne vois pas où elle va m’emmener et j’ai des doutes sur la capacité des créateurs de la série à le savoir également. Pas sûr que le personnage de l’adolescente Salvor Hardin, dont la parenté est révélée dans un twist en fin de saison, ne soit la bonne solution sur laquelle centrer l’intrigue. A nouveau une adaptation de l’oeuvre d’Asimov qui choisit de ne pas mettre en scène ce que l’écrivain traitait.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s