Old Joy de Kelly Reichardt

Mark (Daniel London) décide de partir un week-end camper avec son vieil ami, Kurt (Will Oldham). Sa femme, enceinte, n’apprécie que moyennement l’escapade de son compagnon, mais Mark explique qu’il n’a pas vu Kurt depuis longtemps et que leur virée ne dura qu’une journée au plus. Il part donc malgré les réticences de sa femme, avec Lucy, sa chienne.

Les deux amis ont pris des chemins très différent. Mark a un travail, une maison et va bientôt devenir père. Kurt vit entre deux logements, en accumulant les boulots et sans relation stable. Autrefois très amis, ils se promettent de profiter pleinement de ce week-end en pleine nature. Si au départ, les retrouvailles sont quelque peu compliquées, rapidement les deux amis se retrouvent.

Il s’agit du premier long-métrage de Kelly Reichardt, sorti en 2006, quatre an avant l’extraordinaire Meek’s Cutoff. A l’occasion de la sortie du dernier long-métrage de Kelly Reichardt, un cycle autour de ses premiers films a été organisé dans un grand nombre de salles d’art et essai en France. L’occasion de découvrir ses premières réalisations et de voir la cohérence de son œuvre.

L’histoire de Old Joy est très simple : deux amis se retrouvent pour faire du camping en forêt. Ils se perdent, finissent pas retrouver leur chemin et au fil des heures passées la difficulté des retrouvailles après un temps aussi long, les amis se retrouvent et parlent de leurs choix de vie, de ce qu’ils regrettent et de ce qu’ils espéraient.

Le cadre de cette histoire se passe dans une magnifique forêt américaine, probablement dans l’Oregon. Les paysages sont magnifiques et filmés avec intelligence. On est loin d’une vision photoshopée de la forêt mais plus dans une approche personnelle et pragmatique. Le rythme est très lent, les amis parlent peu car l’ensemble se passe dans le fait qu’ils sont ensemble, qu’ils profitent de ce lieu magnifiques où ils sont seuls, loin de tout. La scène finale (avant le retour à la vie réelle en quelque sorte) est incroyable. Filmé avec tendresse et grâce, elle nous permet de voir deux êtres qui arrivent à se laisser aller, à abandonner leurs codes respectifs pour simplement profiter de l’instant. Filmé par un réalisateur moins délicat, la scène aurait pu devenir étrange ou même malsaine. Le talent de cette réalisatrice tient dans sa capacité à rendre cette scène particulièrement douce et apaisante.

Encore une fois, son film tourne autour de l’histoire d’amitié entre deux hommes. Ce qui est particulièrement beau, c’est qu’ils se sont perdus de vue, se retrouvent à l’occasion de cette balade et semblent ensuite reprendre leurs chemins distincts. Ce week-end n’a pas changé fondamentalement leur existence, il a simplement existé.

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